Economie

L’assurance-vie est-elle condamnée ?

La cote de l’assurance-vie flanche, ses portefeuilles se vident plus vite qu’ils ne se remplissent. En septembre, elle affiche une collecte « nette » (les versements moins les retraits) négative de 800 millions d’euros, selon la Fédération française de l’assurance. Et depuis le début de l’année, 7,3 milliards d’euros manquent à l’appel. Alors, de nombreuses voix s’élèvent pour annoncer la fin de ce produit d’épargne, ce qui est certainement aller vite en besogne.

Si elle voit sa collecte baisser, il ne faut pas l’enterrer trop vite : depuis début 2020, l’assurance-vie a recueilli, tout de même, 82,2 milliards d’euros d’épargne nouvelle (contre 89,5 milliards de sorties). Et sur le plan des encours, il faut noter que si près de 450 milliards d’euros sont au total conservés sur les Livrets A et les Livrets de développement durable et solidaire (LDDS), cette somme atteint 1 760 milliards d’euros pour les contrats d’assurance-vie ! Quatre fois plus.

Bien qu’elle soit disponible en permanence, elle est plutôt assimilée à un placement à long terme

Les explications de cette relative baisse de régime de l’assurance-vie sont multiples. Le confinement a joué : les épargnants, n’étant plus en contact direct avec leurs conseillers habituels, ont souvent préféré gonfler leurs livrets. « L’assurance-vie ne s’achète pas, elle se vend », affirmaient les vieux assureurs. La maxime semble toujours d’actualité. Et, comme l’explique Philippe Crevel, délégué général du Cercle de l’épargne, « le produit ne souffre pas d’une défiance des épargnants mais de leur préférence absolue pour la liquidité ». Bien qu’elle soit disponible en permanence, elle est en effet plutôt assimilée à un placement à long terme.

Durcissement de la fiscalité

Autre raison : le produit phare de l’assurance-vie, le fonds en euros garanti, ne brille plus comme par le passé. La forte baisse de ses performances depuis plusieurs années n’en fait plus un compartiment incontournable. Avec 1,46 % de rendement moyen en 2019, selon l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, il ne fait plus rêver, même s’il séduit encore des épargnants à la recherche de sécurité.

Pire, les assureurs font tout pour dissuader leurs clients d’y investir, en facturant les frais d’entrée plein pot, ou en les contraignant à investir en partie sur les supports en unités de compte, sans garantie.

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S’y ajoutent enfin, mais c’est moins nouveau, des modifications fiscales qui sont allées au fil du temps vers plus de durcissement. « L’assurance-vie n’est plus le paradis fiscal des années 1970 : elle a perdu les réductions d’impôt à l’entrée, l’exonération totale des gains après six ou huit ans, une bonne partie de ses larges exonérations de droits de succession », souligne Philippe Baillot, enseignant à Paris-I-Panthéon-Sorbonne.

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