Economie

« Contre toute attente, le fonds Elliott a renouvelé sa confiance au patron de Twitter, Jack Dorsey »

Jack Dorsey lors d’une audition à distance devant le Comité sur le commerce du Sénat, mercredi 28 octobre 2020.

Pertes & profits. D’où vient cette sérénité affichée par Jack Dorsey, mercredi 28 octobre, devant les sénateurs américains ? Face au torrent d’invectives déversées, il n’a pas cillé, répondant calmement au procès en manipulation politique intenté par les soutiens de Donald Trump. Avec sa longue barbe grise et son air détaché, le fondateur de Twitter ressemble de plus en plus à un maître de yoga en position du lotus. Peut-être cela lui vient-il de sa pratique du vipassana, ces dix jours de méditation non-stop, popularisés par le gourou indien S. N. Goenka, qui prétend que la libération bouddhique passe par le non-sectarisme, l’universalité et la science. Tout à fait ce qui manque au débat politique, et pas seulement en Amérique.

A défaut de convaincre les sénateurs républicains, Jack Dorsey a-t-il réussi à convertir le plus célèbre loup de Wall Street aux bienfaits du vipassana ? Contre toute attente, le fonds activiste Elliott, entré dans le capital de Twitter en février dernier avec la ferme intention de débarquer cet olibrius, a adouci sa position. Lundi 2 novembre, le conseil d’administration de l’entreprise a renouvelé sa confiance dans le management, tout en l’assortissant de nouveaux objectifs en matière de croissance.

Dernière chance

Il faut dire que le canal d’information préféré de Donald Trump, et aussi le plus haï par ses fans depuis qu’il a censuré un article du New York Post impliquant le fils de Joe Biden, n’est pas vraiment une bonne affaire. Alors que les stars de l’Internet affichent des résultats record, dopés par la crise sanitaire, et en dépit de la publicité mondiale faite par le compte @POTUS (President of the United States) et ses 32 millions d’abonnés, les performances financières ne sont pas au rendez-vous. Sur le dernier trimestre de son exercice, la firme a certes enregistré un chiffre d’affaires meilleur que prévu, à 800 millions d’euros, mais ses bénéfices sont en baisse de 22 %.

Le conseil d’administration de Twitter donne une dernière chance à Jack Dorsey au vu de l’amélioration de son cours de Bourse depuis le début de l’année et de la promesse de rachat d’actions. Mais il aimerait que le yogi, qui affirme marcher 7 kilomètres tous les matins pour se rendre au bureau, passe plus de temps dans son entreprise. Quand il ne médite pas, le patron s’occupe d’une autre entreprise qu’il a cofondée, Square. Les financiers lui reprochent de ne pas avoir suffisamment imité ses rivaux Facebook, Instagram ou Snapchat et leur utilisation agressive des données à des fins publicitaires. A ses débuts, Dorsey s’était fixé comme ligne de conduite la simplicité, la contrainte et l’artisanat. Elle ne convient pas à Wall Street, qui goûte peu les charmes du vipassana.


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