Economie

Avec le rachat de Mappy, la RATP s’offre un navigateur numérique à la française

Les utilisateurs du Minitel dans les années 1980 (il en reste encore) se souviennent avec un brin d’amusement de « 3615 iTi », cet ancêtre des navigateurs GPS, qui permettait d’imprimer ou de se faire envoyer par courrier les détails d’un itinéraire. Plus de trente ans après ces balbutiements digitaux, iTi, devenu entre-temps Mappy après s’être converti à l’Internet, passe dans l’escarcelle d’un des principaux groupes de mobilité français : la RATP.

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Lundi 2 novembre, la régie des transports parisiens a annoncé l’acquisition, pour un prix non communiqué, de la totalité de Mappy, jusqu’ici détenu par le groupe privé Solocal (éditeur des Pagesjaunes.fr). Le numéro trois français du calcul d’itinéraires, créé par France Télécom à l’époque où l’innovation était stimulée par les grands groupes d’Etat, revient fin 2020, ironie de l’histoire, dans le giron d’une entreprise publique.

Comme un tout

Mais à quoi diable peut donc servir Mappy pour une société qui fait rouler des trams, bus, trains, métros ? Réponse : à gagner la bataille du MaaS, ou mobility as a service (« la mobilité en tant que service »), cette façon d’envisager les transports comme un tout. Il s’agit d’intégrer dans une offre unique, grâce à des outils numériques puissants, l’intégralité des modes de mobilité (du train à la trottinette), un guide GPS et le paiement du voyage. La bataille est cruciale. Et elle met, en face d’opérateurs de transport classiques, des colosses du numérique comme Google Map ou Waze (également propriété de Google), les deux leaders du calcul d’itinéraires en France.

Oui mais voilà, ricanent les sceptiques, pour emporter une bataille technologique titanesque, les acteurs français se tournent une fois de plus vers une solution « bien de chez nous », qui fleure bon la télématique. L’esprit du Minitel pour faire reculer les GAFA. Que nenni ! répond-on en substance à la RATP. « Mappy c’est 13 modes de transport, 25 opérateurs de mobilité, 4,7 milliards d’itinéraires calculés l’an dernier et plus de 12 millions de visiteurs uniques mensuels » énumère Hiba Farès, directrice des services et du marketing à la RATP. Pas de quoi rougir finalement devant les 14 millions d’utilisateurs actifs mensuels revendiqués par Waze en France (Google Maps ne fournit pas de statistiques pour l’Hexagone mais affiche 1 milliard d’utilisateurs actifs par mois dans le monde).

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L’opération a aussi une dimension business assumée par la RATP. Mappy, qui n’est pas rentable, génère toutefois un revenu lié à la possibilité de toucher 5 millions de points d’intérêts (des services publics, des lieux culturels, des commerces) par le site ou l’application. Quant au côté hexagonal et même provincial de Mappy (25 grandes villes françaises y sont répertoriées en détail), c’est bien ce que recherche la RATP, qui est en pleine offensive pour gagner des marchés du transport public hors de l’Ile-de-France.


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