Economie

Une piste pour investir durable en Bourse à moindres frais

« Pour le grand public, il est plus facile de s’intéresser à des indices thématiques, par exemple sur les énergies vertes », estime Isabelle Bourcier, de BNP Paribas Asset Management.

Les « trackers », encore appelés ETF (pour Exchange Traded Funds), se plient décidément à toutes les tendances !

Ces instruments, qui permettent de répliquer l’évolution d’indices boursiers et qui ne coûtent pas cher en frais (les frais de gestion annuels sont souvent inférieurs à 0,5 %), se colorent en effet désormais en vert et en durable, au travers d’indices sur mesure, mis au point par les plus grands opérateurs du secteur, comme MSCI, Stoxx, Footsie ou Solactive.

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« Beaucoup d’indices font désormais référence à l’environnement, au social et à la gouvernance [les critères dits ESG] et entrent ainsi dans le cadre de l’investissement socialement responsable », explique François Millet, chef de la stratégie ISR chez Lyxor ETF. Mais avec derrière des logiques qui ne sont pas les mêmes : « Les fabricants d’indices ont développé différentes approches, répondant à différentes priorités », poursuit M. Millet.

Foisonnement de l’offre

Les plus généralistes se contentent de dupliquer les indices traditionnels en excluant les entreprises les moins bien notées sur les critères ESG. Certaines se démarquent en excluant les secteurs les plus émissifs en carbone, comme les sociétés pétrolières ou liées au charbon.

D’autres, enfin, misent sur des entreprises évoluant dans des secteurs liés au développement durable, comme l’eau ou les énergies propres, ou sur celles qui sont les plus en avance en matière d’égalité femmes-hommes, ou encore sur l’économie circulaire, le recyclage, l’économie « bleue » (axée sur les océans), etc.

Les investisseurs qui désirent jouer cette carte disposent donc de plusieurs cordes à leur arc et peuvent, grâce aux trackers, se laisser porter par la vague des valeurs « durables ». Mais pour un épargnant non averti, le choix d’un indice et d’un tracker correspondant est loin d’être un jeu d’enfant en raison du foisonnement de l’offre, et surtout des exigences durables à géométrie très variable selon les concepteurs des indices.

« Nous avons construit une gamme ESG avec plusieurs niveaux d’intensité, qui répondent à des besoins différents, mais aussi à des degrés de maturité variables selon les clients et les pays », indique ainsi Matthieu Guignard, responsable de la plate-forme produits ETF d’Amundi.

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A moins de se pencher attentivement sur la composition des indices, d’analyser leur degré d’exigence en matière d’ESG (certains retiennent les 25 % des entreprises les mieux notées sur les critères ESG, d’autres en acceptent jusqu’à 50 %), et de vérifier que leurs critères répondent bien à sa propre définition du durable, le risque est grand d’être perdu dans ces produits qui ont été, avant tout, construits pour des investisseurs institutionnels.

Deux labels européens

« Pour le grand public, il est au final plus facile de s’intéresser à des indices thématiques, par exemple sur les énergies vertes, le bas carbone, l’océan, plutôt que d’aller vers des indices ESG généralistes », estime Isabelle Bourcier, responsable des gestions quantitatives et indicielles chez BNP Paribas Asset Management.

La moins discutée de ces thématiques est la lutte contre le réchauffement climatique. Les indices « climat » englobent des entreprises plus vertueuses que les autres en matière d’émissions de gaz à effet de serre.

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Simples et plus consensuels, ces indices sont aussi plus transparents grâce à une initiative de l’Union européenne, qui a défini depuis cette année deux labels pour les reconnaître : Climate Transition Benchmark (CTB) et Paris-Aligned Benchmark (PAB, en écho à l’accord de Paris sur le climat de 2015, qui comprend un objectif de limitation à 1,5 °C de la hausse des températures d’ici à 2100). Le second est notamment plus ambitieux que le premier en matière de réduction de l’intensité carbone des entreprises qui composent l’indice.

Encore rares, les ETF répondant à ces nouvelles normes CTB ou PAB devraient se multiplier dans les mois à venir.


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