Economie

le gouvernement embarrassé par les polémiques sur Amazon

Entrepôt Amazon à Bretigny-sur-Orge, en mai 2020.

Réserver la vente de produits « non essentiels » à l’e-commerce pendant le reconfinement, tout en appelant les Français à ne pas acheter chez le leader incontesté de ce secteur… C’est le numéro d’équilibriste auquel se livre le gouvernement : plusieurs ministres ont ainsi lancé des appels, à peine voilés, au boycott d’Amazon, dimanche 1er novembre et lundi.

Le premier ministre Jean Castex, invité de TF1 dimanche, a ainsi invité les « Françaises et les Français » à « peut-être, pendant ce mois-ci, retarder ou décaler (des achats), plutôt que de commander sur un grand site étranger, des produits par Internet ».

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Dans un style aussi inhabituel mais plus direct, Roselyne Bachelot a renchéri lundi : « N’achetez pas des livres sur les plateformes numériques, a intimé la ministre de la culture, sur LCI. Oui, Amazon se gave, à nous de ne pas les gaver ».

Fermeté ou voie royale ?

Vendredi déjà, le ministre de l’économie Bruno Le Maire avait répondu clairement au Parisien, curieux de savoir s’il « déconseillait les commandes sur Amazon » : « Si vous pouvez trouver votre jouet dans un commerce de proximité, votre livre chez un libraire indépendant et qu’il suffit de passer un coup de fil pour le commander, faites-le ! »

Dans le même esprit, la ministre déléguée à l’industrie Agnès Pannier-Runacher a tenu à faire savoir samedi qu’elle avait obtenu suspension par Amazon d’une campagne de promotion du Black Friday, cette journée annuelle de soldes massives prévue le 27 novembre. « Ce n’était pas du tout approprié dans ce moment où 200 000 commerçants vont devoir fermer leurs portes », a justifié la ministre sur Europe 1.

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Si l’exécutif cherche à afficher sa fermeté envers Amazon, c’est qu’il est accusé d’ouvrir une voie royale à l’entreprise de Jeff Bezos. En effet, le gouvernement a ordonné jeudi la fermeture des petits commerces non-alimentaires puis, pour calmer la colère de ces derniers, a demandé aux grandes surfaces de ne pas ouvrir leurs rayons de produits « non-essentiels ».

La solution choisie « va affaiblir le petit comme le grand commerce, en laissant le champ libre à des acteurs comme Amazon », a critiqué dès dimanche soir Jacques Creyssel, le délégué général de la fédération de la grande distribution (Carrefour, Auchan, etc.).

Politiquement sensible

Le risque est qu’Amazon « sorte grand vainqueur » du reconfinement, s’était déjà inquiété jeudi sur Europe 1 Geoffroy Roux de Bezieux, le patron du syndicat patronal Medef. Les restrictions adoptées ouvrent « une autoroute pour les plateformes de e-commerce, à commencer par les GAFAM, particulièrement Amazon », a fait écho lundi l’association de consommateurs Que Choisir, par communiqué.

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