Economie

La fermeture des rayons de produits non-essentiels dans les hypermarchés ne suffit pas à calmer la grogne des commerçants

Une commerçante ferme sa boutique de décoration, lors du premier jour de reconfinement, à Blois (Loir-et-Cher), le 30 octobre.

Le premier ministre tente de siffler la fin de la récréation. A l’issue de deux jours de fronde des commerçants opposés aux mesures de confinement et de fermeture administrative de leurs établissements, Jean Castex a annoncé dimanche 1er novembre sur TF1 que, « dans les grandes surfaces » le gouvernement va « interdire la vente de produits d’ores et déjà prohibés dans les commerces de proximité ». Sans utiliser l’expression maladroite de « produits non-essentiels » qui vexe les commerçants concernés, il a annoncé l’entrée en vigueur de cette modification du décret du 29 octobre, dès mardi 3 novembre.

Cette nouvelle modification fait suite à l’interdiction de l’exploitation de rayons de livres et de produits culturels dans les hypermarchés et les grandes surfaces spécialisées, type Fnac, obtenue par les libraires, vendredi 30 octobre. Depuis les commerçants d’autres produits dits non-essentiels (habillement, jouets, parfums, fleurs, etc.) exigeaient « par équité » l’adoption d’une mesure analogue.

Lire aussi Reconfinement : les grandes surfaces devront fermer les rayons « non essentiels » à partir de mardi, annonce Jean Castex

« La première manche est gagnée », note Francis Palombi, président de la Confédération des commerçants de France qui représente les petits détaillants. Une deuxième s’engage. Car, en dépit de la flambée de l’épidémie de Covid-19 et des injonctions de la communauté scientifique à ne pas circuler dans l’espace public, le Syndicat national de la librairie française et les organisations patronales du commerce exigent de Matignon de pouvoir rouvrir leurs magasins, au plus vite. Près de 200 000 points de vente sont concernés en France.

Le premier ministre ne leur a pas donné raison. « Ce n’est certainement pas le moment de revenir sur les mesures annoncées. C’est beaucoup trop tôt », a tranché M. Castex en exhortant à un respect du confinement alors que « toutes les trente secondes, une personne atteinte par le Covid est hospitalisée en France ».

Amazon, le grand gagnant ?

La fermeture des rayons de jouets, de produits de beauté et d’habillement chez Carrefour, Auchan et autres Leclerc suffira-t-elle à calmer les King Jouet, Sephora et autres chaînes spécialisées contraintes de garder leurs magasins clos ? « Non », répond un spécialiste du secteur, en observant qu’elle permet surtout de « baisser la pression sur les hypermarchés qui étaient sous la menace de blocus ».

La mesure fait cependant grincer des dents les enseignes d’hypermarchés qui réalisent jusqu’à 25 % de leur activité avec des produits non-alimentaires. Leurs fournisseurs de produits de beauté qualifient aussi cette mesure « de non-sens ». « Comment imaginer en pleine pandémie que les produits d’hygiène ne soient plus accessibles ? », réagit la Fédération des entreprises de la beauté, à l’annonce de cette décision, en jugeant aussi qu’elle « ne bénéficie qu’à une seule catégorie d’acteurs : Amazon et les grandes plateformes du e-commerce ».

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