Economie

« Face à Amazon, il faut soutenir massivement le commerce dans sa numérisation à marche forcée »

Mouvement de protestation des commerçants dits « non essentiels ». Ici, le 31 octobre à  Blotzheim dans le Haut-Rhin.

Comme l’a rappelé le premier ministre, Jean Castex, ce dimanche 1er novembre, la logique d’un confinement est de confiner. C’est-à-dire de limiter au maximum les interactions physiques en contraignant les gens à rester le plus possible chez eux. Le grand enfermement de mars-avril a été efficace parce qu’il limitait au strict minimum toutes les sorties. Celui de novembre risque de l’être un peu moins puisque la population est autorisée à se rendre au travail et les enfants à l’école. En publiant une longue liste de commerces essentiels autorisés à rester ouverts, le gouvernement, soucieux de ne pas mettre à genoux une fois de plus l’économie, a pris le risque de stigmatiser ceux qui seront fermés, attisant donc le sentiment d’injustice. Après les bars et les restaurants, les petits commerces se rebellent.

On les comprend. Beaucoup sont dans une situation financière déjà difficile et les derniers mois de l’année, à la veille des fêtes, sont cruciaux. Ils invoquent la distorsion de concurrence avec leurs deux rivaux habituels, la grande distribution et le commerce en ligne, grands gagnants de la situation actuelle. De fait, Carrefour enregistre depuis le début de l’année sa meilleure performance depuis vingt ans, tant en France qu’à l’étranger, tandis qu’Amazon a présenté, jeudi 29 octobre, des résultats stratosphériques, une croissance des ventes de 37 %, soit 96 milliards de dollars (82,5 milliards d’euros) en trois mois seulement, et un bénéfice triplé.

Succès insolent

Face au risque d’amoindrir l’efficacité de sa mesure sanitaire en autorisant plus d’ouvertures, le gouvernement a choisi de rester droit dans ses bottes. Ce dimanche 1er novembre, il a demandé à la grande distribution de fermer ses rayons non essentiels, au risque de déprimer un peu plus les Français, et l’économie en général qui n’est pas constituée que de petits commerçants. La mesure est juste mais revient à ne laisser qu’un seul canal de commercialisation ouvert en dehors de l’épicerie : Internet.

Devant le succès insolent d’Amazon, la tentation est grande de restreindre également les ventes sur le Web. Ce serait une erreur. Il conviendrait, au contraire, de soutenir massivement le commerce dans sa numérisation à marche forcée. Il existe aujourd’hui de nombreuses plates-formes, hors Amazon, capables d’accueillir des commerçants de quartier. Si la logistique de livraison est complexe, celle du « commander-emporter » (« click and collect ») est accessible très rapidement. C’est ainsi que l’on sauvera l’indispensable mais fragile commerce de proximité. En l’adaptant à la nouvelle donne du XXIe siècle.


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