Economie

les grandes surfaces devront fermer les rayons « non essentiels » à partir de mardi, annonce Jean Castex

Le gouvernement a décidé de fermer, à partir de mardi, les rayons « non essentiels » dans les grandes surfaces, plutôt que d’autoriser les petits commerces à rouvrir, a annoncé le premier ministre, Jean Castex, dimanche soir sur TF1. « Nous ne reviendrons pas sur les mesures annoncées » pour lutter contre l’épidémie, a souligné le chef du gouvernement, mais « la vente des produits qui (…) sont d’ores et déjà interdits dans les commerces de proximité » sera interdite « dans les grandes surfaces », a-t-il précisé.

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Jean Castex a aussi exhorté « toutes et tous, au-delà des commerçants », à respecter ce confinement : « Il en va de la survie de l’économie, il en va de notre santé collective », a-t-il insisté. En reconnaissant qu’il s’agissait pour lui d’un « crève-cœur », le premier ministre a promis de « soutenir massivement (ces commerces) pour ne pas qu’ils mettent la clé sous la porte ». « Rendez-vous est déjà pris pour voir, si la situation s’améliore, comment ils pourront progressivement sortir de cette situation », a-t-il ajouté. « Mais au jour où nous parlons, c’est clair, la priorité, c’est la protection de la santé de nos concitoyens », a-t-il dit.

Pour la Fédération de la grande distribution (FCD), c’est une solution « perdant-perdant ». « C’est une décision qui va affaiblir le petit comme le grand commerce, en laissant le champ libre à des acteurs comme Amazon », a déclaré dimanche soir son délégué général, Jacques Creyssel. Reste encore à préciser quels sont ces produits interdits à la vente, allant des vêtements à la droguerie en passant par les jouets. « Nous vendons du dentifrice et le mascara qui est à côté ne pourra pas être vendu », a souligné M. Creyssel.

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Plus de cinquante maires et présidents de grandes agglomérations urbaines avaient demandé, samedi, au premier ministre de « travailler rapidement à une solution » pour les commerces de proximité, obligés de garder le rideau baissé. Une demande qui vise notamment à défendre les librairies, fermées pour cause de confinement.

La fronde des petits commerces soutenue par des élus

Les élus ont signé un courrier commun à Jean Castex, publié sur Twitter par la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland. Les signataires estiment que « la cohésion nationale est absolument fondamentale pour la lutte contre cette pandémie » et soulignent que « la mesure la moins comprise est l’inégalité de traitement entre les commerces de proximité, à l’exemple, mais il n’est pas le seul, des librairies, et les grandes surfaces commerciales ».

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Ce courrier regroupe la quasi-totalité des grandes villes et des métropoles françaises membres de l’association France urbaine, qui est présidée par Johanna Rolland. A côté de son nom, on trouve aussi ceux de la maire (Parti socialiste) de Paris, Anne Hidalgo, tout comme Jean-Luc Moudenc, le maire (Les Républicains, LR) de Toulouse, Christian Estrosi, le maire (LR) de Nice ou encore Eric Piolle, le maire (Europe Ecologie-Les Verts) de Grenoble.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, avait annoncé cette « initiative commune », avec d’autres villes dans une interview au JDD du 1er novembre. « La culture est essentielle, c’est une erreur de la sacrifier », y estime l’élue PS, qui « déplore que certains commerces de proximité, plus que jamais nécessaires pour maintenir le lien social et lutter contre les effets de l’isolement, aient été fermés, au moins dans un premier temps, comme les librairies ou les salons de coiffure ».

La fronde des petits commerces est soutenue par des maires de plusieurs villes petites et moyennes qui ont pris des arrêtés autorisant l’ouverture des commerces non alimentaires sur leur commune. Des « maires irresponsables » qui « menacent la santé des Français », a pour sa part estimé le ministre de l’économie Bruno Le Maire.

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Durement touchés au printemps, de nombreux commerçants sont entrés avec appréhension dans cette nouvelle mise sous cloche malgré un assouplissement qui leur permet de rester ouverts pour le retrait de commandes en magasin. Ils craignent notamment de rater la période de Noël, au profit du commerce en ligne et des grandes surfaces.

Le Monde avec AFP




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