Economie

le gouvernement s’efforce d’apaiser la colère des libraires

A la Fnac de Bordeaux, le 30 octobre.

C’est une première brèche dans le dispositif prévu, jeudi 29 octobre, par le gouvernement pour maintenir la vente de produits dits essentiels dans le pays. A peine publiée, la liste des activités commerciales autorisées dans plusieurs circuits de distribution doit être amendée.

A l’issue d’une conférence téléphonique de Bruno Le Maire, ministre de l’économie, des finances et de la relance, et de Roselyne Bachelot, ministre de la culture, avec les représentants de la filière du livre et ceux de la grande distribution, le gouvernement a annoncé, vendredi, que « les rayons livres et culture des grandes surfaces », dont la Fnac, « [seraient] momentanément fermés ». La mesure, que Bercy excluait pourtant jeudi, devait entrer en vigueur, samedi 31 octobre.

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« Un boulevard à Amazon »

Le Syndicat de la librairie française, qui réclamait cette restriction depuis l’annonce de la fermeture administrative des magasins de livres, jugés non essentiels, concède qu’elle ne « résout qu’une partie du problème », offrant « un boulevard à Amazon ». Seule la réouverture des librairies contribuera au « rétablissement d’une concurrence véritablement équitable », selon lui. Bercy et le ministère de la rue de Valois promettent une réunion « la semaine prochaine » avec « les acteurs de la filière du livre pour étudier (…) les modalités d’une éventuelle réouverture des librairies ».

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Le gouvernement tente ainsi d’étouffer la polémique issue de la distorsion de concurrence qu’entraîne l’exploitation d’un rayon de produits « non essentiels » par Carrefour, la Fnac et autres distributeurs de « produits essentiels ». Plusieurs voix avaient évoqué l’aberration de la fermeture des libraires, alors que la Fnac, ouverte parce que pourvoyeuse d’ordinateurs, de téléphones et de ramettes de papier dits essentiels au télétravail, pourrait vendre ses livres. C’est « dans un souci de responsabilité » que l’enseigne fermera l’accès à « ses rayons culture », a finalement fait valoir son directeur général, Enrique Martinez, vendredi soir.

La Fnac – qui réalise 17 % de son chiffre d’affaires sur les produits éditoriaux (livres, CD, DVD) – n’est pas la seule à faire cette concession au monde du livre, pour – sur le papier – une durée de deux semaines ; Carrefour, Auchan et Leclerc devront faire de même. L’ensemble représente près de la moitié des ventes de livres en France. « Les premières victimes de cette décision sont les auteurs et les éditeurs », observe Jacques Creyssel, président de la Fédération du commerce et de la distribution. Le représentant des intérêts des grandes surfaces dans l’Hexagone en parle à dessein pour éluder le risque de propagation de cette revendication à d’autres secteurs.

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