Santé

Un bras bionique low-cost pour démocratiser les prothèses


Créée par un jeune entrepreneur indien, la start-up Inali fabrique des prothèses légères, faciles à porter et accessibles. Il vise principalement le marché indien, où de nombreuses personnes amputées n’ont pas les moyens de s’offrir de coûteuses prothèses importées.

Environ 22 millions de personnes dans le monde souffrent d’un handicap, dont 8 millions d’enfants. « Rien qu’en Inde, 40.000 personnes perdent leur avant-bras chaque année et 85 % restent sans solution. La majorité de ces patients n’ont hélas pas accès à des prothèses modernes, ces dernières coûtant des dizaines de milliers d’euros », témoigne Prashant Gade, le fondateur de la start-up indienne Inali. Le jeune entrepreneur de 27 ans a décidé de s’attaquer au problème avec une prothèse low-cost en 3D. Légère, facile à porter et abordable, cette dernière coûte entre 250 et 3.400 euros et s’adapte à la morphologie des patients.

Une prothèse contrôlée par les impulsions cérébrales

« Contrairement aux prothèses contrôlées par les mouvements des muscles, notre bras robotique se base sur l’impulsion cérébrale. Des capteurs enregistrent les signaux nerveux et envoient au processeur l’action à déclencher. Cela rend le bras plus précis, car les mouvements musculaires peuvent être mal détectés chez les personnes souffrant de brûlure, avec beaucoup de graisse corporelle ou même par la transpiration », indique Prashant Gade. La prothèse est fabriquée en silicone et polyéthylène pour la légèreté et l’aspect esthétique, avec un mécanisme interne acier. D’un poids total de 450 grammes, elle permet de soulever des charges jusqu’à 10 kg, d’agripper des objets ou de bouger les doigts individuellement.

Inali est aujourd’hui le plus grand fournisseur de bras électroniques en Inde, avec plus de 2.000 prothèses distribuées dont 700 gratuitement. Elle vise aussi le Bangladesh et l’Afrique. Son principal atout est bien entendu son accessibilité par rapport aux prothèses importées. Comme elle est fabriquée localement, la prothèse bionique d’Inali se remplace aussi facilement. La start-up promet un délai d’intervention de deux jours pour une réparation et un remplacement court (le bras a une durée de vie d’environ trois ans).

Chaque bras modélisé en 3D avant sa fabrication

« Grâce au 3DEXPERIENCE Lab, nous avons pu tester tous nos produits et vérifier le bon fonctionnement, comme les interférences entre les doigts ou les problèmes d’assemblage. Nous avons ainsi pu modéliser chaque bras avant de fabriquer une unité physique, ce qui a économisé beaucoup de temps, d’énergie et d’argent », explique Prashant Gade. L’entrepreneur a ainsi pu effectuer de nombreux tests auprès de patients qui lui ont permis d’améliorer son design. Une première version comprenait par exemple deux lourdes batteries, ce qui était pénible à supporter au-delà d’un certain temps. « J’ai donc utilisé une batterie de téléphone portable, et lorsque le patient n’utilise pas son bras, il peut même recharger son portable dessus ! ».

Sur tous les fronts, la start-up a développé un prototype de respirateur intelligent en moins de dix jours durant la crise de la Covid-19. Ce dernier permet d’ajuster le débit et la pression de l’oxygène en fonction de la respiration du patient. Il donne aussi l’alerte lorsque le volume d’oxygène est trop bas ou la pression trop élevée. Plusieurs exemplaires ont été envoyés gratuitement à des hôpitaux durant la pandémie. À l’avenir, Prashant Gade envisage de créer différents types de prothèses à bas coût. Le marché étant très compétitif, la vitesse de développement est primordiale.

Article réalisé en partenariat avec les équipes de Dassault Systèmes. 

Ce qu’il faut retenir

  • Profil Start-up Inali
  • Domaine : prothèses médicales
  • Date de création : mai 2018
  • Employés : 18
  • Localisation : Pune (Inde)
  • Fondateur : Prashant Gade

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