Economie

« Ni Apple ni Google n’avaient besoin de ces comportements prédateurs »

Tribune. Difficile de ne pas avoir le vertige avec le rapport de la commission antitrust du Congrès américain sur les agissements des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) d’octobre 2020. Il faut croire qu’il a tapé dans l’œil du ministère de la justice américaine puisque la procédure d’infraction en gestation depuis longtemps s’est concrétisée.

Justement, prenons le produit le plus emblématique de Google : Android, qui équipe tous les smartphones. C’est un logiciel libre de droits mais pour installer Gmail, Youtube, Chrome, Google Maps ou Play store, le fabricant de téléphones intelligents signe un accord (obligatoire) pour les pré-installer.

L’utilisateur, vous et moi, ne pense même plus à utiliser ou installer un produit concurrent. Cet accord interdit aussi l’adaptation d’Android. Le fabricant Acer en fit les frais lorsqu’il ne fit que songer à une variante d’Android, Aliyun, en coopération avec Alibaba.

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Grâce aux dossiers confidentiels obtenus par la commission antitrust, on a assisté à la naissance d’Android de l’intérieur. On perçoit la peur de Google de perdre sa domination sur la recherche sur Internet sur PC, à l’époque du lancement de l’Iphone. L’idée d’Android, gratuit sous condition d’y installer Google Search par défaut, avec en prime un partage des revenus publicitaires ainsi que ceux du Play Store, le magasin d’application, comme alternative aux iPhones, ne pouvait qu’attirer tous les fabricants à l’époque.

De plus en plus gourmand

Google savait très bien, lit-on, qu’il obligerait des fabricants de téléphones intelligents à rompre leurs accords avec d’autres outils de recherche comme Yahoo. Entre 2009 et 2014, Google se fit plus gourmand en exigeant que le nombre de ses applications pré-installées passe de douze à trente avec un droit de modifier cette liste. La résistance de certains fabricants qui avançaient que les applications de Google allaient, avant même la première utilisation du téléphone, encombrer ce dernier n’y fit rien.

Google aurait exigé des fabricants d’installer un identifiant unique (« Client ID ») qui permet de combiner les données récupérées sur l’appareil avec les données récoltées chez l’utilisateur. Inutile de dire qu’en combinant les deux, on arrive à un profilage homme-machine hors norme : les applications utilisées, la localisation, les déplacements…

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Depuis 2012, avec le projet Lockbox, y lit-on, Google peut observer l’installation et l’usage des applications de tiers, à savoir ses concurrents. Dès 2015, Lockbox est allé plus loin en fournissant le nombre de jours en moyenne d’utilisation de chaque application, et le temps total passé sur les applications. Google l’aurait utilisé pour comprendre l’usage de TikTok en Inde, où il planifie le lancement d’un concurrent.

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