Politiques

Emmanuel Macron comprend que les caricatures puissent “choquer”, mais estime qu’elles ne justifient pas “la violence”


“Je comprends qu’on puisse être choqué par des caricatures, mais je n’accepterai jamais qu’on puisse justifier la violence. Nos libertés, nos droits, je considère que c’est notre vocation de les protéger.” Dans un entretien accordé à la chaîne qatarienne Al Jazeera, samedi 31 octobre, Emmanuel Macron cherche à “expliquer sa vision de manière apaisée”, indique son entourage à franceinfo. Il revient également sur ses propos “qui ont été déformés, notamment sur la lutte contre les séparatismes et sur les caricatures. Des propos parfois tronqués, caricaturés, dans des médias internationaux qui ont de l’écho dans le monde arabe et qui ont conduit à des réactions violentes ces derniers jours.”

Cette interview de 55 minutes, enregistrée vendredi en fin d’après-midi à l’Elysée, doit être diffusée à 17 heures (heure de Paris) sur cette chaîne qui émet en plusieurs langues, dont l’arabe et l’anglais, et qui a une large audience dans les pays du Moyen-Orient et du Maghreb. C’est la première interview accordée par le président de la République depuis le début des manifestations anti-françaises liées à son discours défendant le droit à la caricature au nom de la liberté d’expression, prononcé le jour de l’hommage à Samuel Paty, l’enseignant décapité par un islamiste à Conflans-Sainte-Honorine.

Dans l’entretien, Emmanuel Macron souligne notamment, selon Al Jazeera, que les caricatures n’ont pas été publiées par le gouvernement, mais par des journaux libres et indépendants. Il se montre “très ferme sur les fondements de notre modèle républicain, sur nos valeurs et nos libertés”, détaille l’entourage du président de la République. “Il a été intransigeant là-dessus. Il explique de façon très claire ce qu’il a dit aux Mureaux, à Conflans-Sainte-Honorine ou encore lors de son hommage à Samuel Paty. Une parole qui n’a pas été toujours relayée de la bonne manière, parfois de façon tronquée ou simplifiée”, ajoute cette même source.

Le 22 octobre, au cours de l’hommage national à Samuel Paty à Paris, Emmanuel Macron avait déclaré : “Nous défendrons la liberté (…) et nous porterons la laïcité, nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins, même si d’autres reculent.” Cet engagement a déclenché un flot de critiques dans de nombreux pays à majorité musulmane, où des appels à boycotter les produits français et à manifester ont été lancés. Vendredi, des dizaines de milliers de personnes ont de nouveau manifesté au Bangladesh, au Pakistan et, dans une moindre mesure, au Moyen-Orient, au Maghreb et au Mali.


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