Economie

La pandémie de Covid-19 accélère la mondialisation des services

Les activités de services ne sont plus à l’abri des délocalisations. Sur les 1 233 emplois que veut supprimer Nokia en France, 80 % sont des postes d’ingénieurs en recherche et développement (R&D). Une partie serait délocalisée en Pologne ou en Inde, selon les représentants des salariés de l’entreprise. Technicolor a également annoncé, en juillet, vouloir supprimer 110 postes dans un de ses centres de R&D, en transférant son activité de développement de logiciel en Inde.

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« Un boom des délocalisations pourrait bien advenir dans les activités de services, affirme El Mouhoub Mouhoud, professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine, y compris pour des tâches élaborées. » Les confinements liés la pandémie de Covid-19 ont accéléré l’adoption et l’usage des technologies numériques dans de nombreux secteurs d’activité. En France, le nombre de téléconsultations de médecine a été multiplié par plus de 100 entre février et avril 2020. A l’université, les étudiants suivent désormais les cours depuis l’étranger, en visioconférence. « La distance n’est plus un obstacle à la fourniture d’un service », observe M. Mouhoud. A cela s’ajoute un mouvement de sous-traitance commencé il y a plusieurs décennies. « Les services comme la comptabilité, le marketing ont été progressivement externalisés notamment par les entreprises manufacturières, explique Isabelle Méjean, professeur à l’école Polytechnique. Or les services externalisés peuvent être plus facilement délocalisés. »

« Nouveau moteur »

Le numérique est aux services ce que le container fût au transport de marchandises : il décuple le volume des échanges. Dans une étude publiée fin septembre, Western Union prévoit que la valeur du commerce international des services augmentera d’environ un tiers d’ici 2025. Les plus fortes hausses seront enregistrées dans les secteurs des services aux entreprises (+ 37 %), des technologies de l’information (+ 35 %) et de la finance (+ 32 %). En décembre 2019, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) voyait déjà dans les services le « nouveau moteur de la mondialisation ». La valeur des échanges dans ce secteur a augmenté plus rapidement que celle des biens, à un rythme annuel de 5,4 %, entre 2005 et 2017. Les services, qui ne pesaient que 9 % du commerce mondial en 1970, représentent désormais 20 %. Contrairement aux marchandises, les services échappent aux droits de douane et aux coûts de transport dans un monde où les tensions protectionnistes sont réapparues.

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