Economie

Internet à l’assaut de l’espace

Par

Publié aujourd’hui à 16h00

Le 22 septembre, la Station spatiale internationale (ISS) a rallumé ses propulseurs et s’est élevée de quatorze kilomètres. Il ne s’agissait pas de changer d’itinéraire ou de point de vue, mais d’éviter une éventuelle collision avec un morceau d’un lanceur japonais en orbite depuis 2018. Le choc aurait pu causer des dommages importants à l’ISS, qui se déplace à la vitesse de… 27 500 km/h, dix fois la vitesse d’une balle de fusil.

C’était la troisième manœuvre d’évitement opérée par l’ISS depuis le début de l’année. Pour sa part, l’Agence spatiale européenne (ESA) lance en moyenne deux alertes de risque de collision par jour. En septembre 2019, elle a dû dérouter son satellite Aeolus (conçu pour mesurer les vents) afin d’éviter une collision avec un satellite de la constellation Starlink de l’entreprise californienne SpaceX.

Lire aussi La Station spatiale internationale évite une possible collision avec des débris

Sur les 5 500 satellites actuellement répartis sur les trois orbites (basse, moins de 2 000 km, moyenne entre 2 000 et 36 000 km, haute à 36 000 km), la moitié seulement sont opérationnels. Autrement dit, quelque 2 700 satellites, entiers ou en morceaux, et les débris des lanceurs qui les ont mis en orbite, continuent de tournoyer dans l’espace. Au vu des projets de lancement inscrits à l’agenda des prochaines années, les risques de collision vont se multiplier.

Offrir du haut débit

L’orbite basse pourrait, en effet, ressembler bientôt à une autoroute les jours de grands départs, car les projets de nouvelles constellations se sont multipliés au cours des dernières années, menaçant l’espace de saturation. Il vous est peut-être arrivé, par nuit claire et loin des sources de lumière, de voir plusieurs points lumineux se déplacer en caravane dans le ciel. Il s’agissait probablement d’un chapelet des satellites Starlink que SpaceX lance par dizaines deux fois par mois ! Selon le cabinet Euroconsult, spécialisé dans le secteur de l’espace, le nombre de petits satellites (moins de 500 kg) lancés en moyenne chaque année passerait de 181 entre 2010 et 2019 à 1 011 d’ici à 2029.

Depuis les années 2010, le spatial a changé d’ère. Il n’est plus la seule affaire des gouvernements, des agences spatiales, des organisations internationales, ni des industriels qui fabriquent pour le compte des précédents. La miniaturisation et les innovations technologiques, la baisse du coût, tant de la fabrication des satellites que de leur lancement, ont permis à des entreprises privées – SpaceX et Amazon en tête – de lancer de gigantesques projets de constellations de petits satellites pour offrir un accès à Internet à haut débit aux zones les plus reculées de la planète. Ces projets sont portés par la transformation numérique de toutes les activités professionnelles et par la demande du grand public de disposer de débits toujours plus importants pour être connecté partout et tout le temps.

Il vous reste 76.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page