Economie

Oxfam appelle les pays riches à tenir leurs engagements

Devant une librairie de l’ONG Oxfam, à Glasgow (Royaume-Uni), le 10 février 2018.

Les promesses non tenues par la France en matière d’aide publique au développement ces cinquante dernières années ont privé les pays pauvres de 200 milliards d’euros, selon les calculs de l’organisation non gouvernementale (ONG) Oxfam, rendus publics vendredi 23 octobre.

En 1970, l’Organisation des nations unies (ONU) adoptait une résolution fixant l’objectif de l’aide publique au développement à 0,7 % du revenu national brut (RNB) des pays riches. Un objectif maintes fois réaffirmé dans les sommets internationaux mais jamais atteint, sauf par une poignée de pays, dont la Suède, le Danemark, la Norvège, le Luxembourg ou le Royaume-Uni.

Dans un rapport publié vendredi 23 octobre, l’ONG Oxfam a calculé que les plus pauvres auraient dû recevoir 4 800 milliards d’euros si cet engagement avait été respecté par tous les pays riches. En 2019, les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont distribué une aide de 128 milliards d’euros, équivalant à 0,3 % du revenu national brut.

Une aide devenue cruciale

L’ONG critique aussi le contenu de cette aide : « Trop souvent, les pays à hauts revenus dépensent en fonction de leurs intérêts nationaux. » En 2016, les donateurs de l’OCDE auraient ainsi, selon Oxfam, destiné en moyenne 51 % des fonds à des entreprises originaires de leurs pays. Le classement 2019 de l’OCDE place la France au 9e rang des pays donateurs avec 0,44 % de son RNB alloué à l’aide au développement. Emmanuel Macron s’était engagé, pendant sa campagne, à augmenter cette part à 0,55 % d’ici à 2022. Mais le projet de loi qui doit être présenté en conseil des ministres avant d’être transmis au Parlement, est sans cesse reporté depuis 2019.

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L’aide publique au développement est pourtant devenue cruciale alors que les pays les plus pauvres sont étranglés par la dette et sombrent dans la crise. En 2019, celle-ci représentait à elle seule plus des deux tiers du financement extérieur des pays les moins avancés. Selon les dernières prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le PIB des pays à bas revenus devrait reculer de 1,2 % en 2020. La Banque mondiale prévoit qu’entre 110 millions et 150 millions personnes tomberont sous le seuil d’extrême pauvreté, fixé à 1,90 dollar par jour, pour atteindre 840 millions d’ici à 2021.

Pour l’instant, les plus grandes économies de la planète n’ont consenti qu’à une suspension du remboursement de la dette. A la mi-octobre, les pays du G20 ont décidé de prolonger de six mois le moratoire, jusqu’en avril 2021. Cette initiative ne concerne que 1,66 % de la dette des pays pauvres et revient à « écoper le Titanic avec un seau », regrette le Réseau européen sur la dette et le développement.

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