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Jérusalem côté pile et face

Berceau du judaïsme, de l’Islam et du christianisme, Jérusalem est une destination de pèlerinage pour la moitié des touristes qui viennent en Israël la première fois, c’est aussi la première ville visitée devant Tel Aviv, la mer Morte ou le lac de Tibériade. Beaucoup de livres ont célébré Jérusalem, de Chateaubriand à Lamartine, Flaubert, Joseph Kessel, Elie Wiesel etc. Et de films, «  The reports on Sarah et Saleem  » de Muayad Alayan, film palestinien tourné à Jérusalem. Histoire d’un amour impossible entre une israélienne et un palestinien. Dans la vieille ville, les quartiers musulman, juif et chrétien voient circuler des processions de croyants et de simples curieux, sur l’esplanade des mosquées, au kotel, mur des lamentations, à l’église du Saint-Sépulcre où Jésus serait ressuscité. Pas la peine d’être croyant pour ressentir la spiritualité et la charge historique des lieux. On dit que Tel Aviv s’amuse tandis que Jérusalem prie. L’Eurovision a battu son plein à TLV en mai dernier, pas à JLM, nom de code pour Jérusalem. C’est vrai, pourtant Jérusalem est une ville jeune, pleine d’énergie, qui le soir enfile ses escarpins et va au bal. Le marché Mahane Yehuda se transforme en enfilades de bars et se couvre de street art, l’ancienne gare grouille de monde venu boire, danser, s’amuser, les salles de concert, les rooftops et les boîtes font la fête jusqu’à l’aube. Jérusalem le jour a ses résidences d’artistes, ses quartiers alternatifs, ses restos new look. La jeunesse est cosmopolite, israélienne, américaine, européenne. Mazeltov  !

La vieille ville et Mea Sharim, le quartier ultra orthodoxe

L’entrée principale de la vieille ville, c’est la porte de Jaffa, face à la mairie. Il vaut mieux découvrir Jérusalem depuis les hauteurs du Mont des Oliviers et redescendre ensuite à pied pour gagner l’enceinte de la vieille ville. Vue splendide sur la ville, les toits, les pierres blanches, le dôme de l’église orthodoxe. Pas de doute, on est en Orient. Marchez le long du cimetière, arrêtez-vous au tombeau de la Vierge et à l’église des Nations. Jardin très reposant, là où Jésus est allé prier le soir de son arrestation. On entre dans la vieille ville par la porte du Lion, dans le quartier musulman, qui mène à l’esplanade des mosquées. Plein de vie, de klaxons, de gens qui s’interpellent. Via Dolorosa conduit au quartier chrétien et retrace le chemin de croix jusqu’au Saint-Sépulcre. Les quatorze stations, de la condamnation de Jésus à sa mise au tombeau sont indiquées et révérées. L’émotion est palpable. Gardez vous du «  syndrome de Jérusalem  »  ; gagnés par la ferveur, certains se prennent pour Jésus ou Marie Madeleine … en chemin, halte gourmande à L’hospice Autrichien, pour le jardin, la terrasse avec la vue sur le dôme du Rocher, la déco vintage et les pâtisseries viennoises. Pendant les fêtes de fin d’année, lumières et sapins font scintiller le quartier. Si vous venez au printemps, pendant Ramadan et Chavouot, l’appel du muezzin et le son du shofar  donnent encore une autre féerie à la «  holly place  ». Ensuite, c’est le quartier Juif, avec la grande synagogue, le musée de Jérusalem, le mur des lamentations. Là aussi se croisent les rites des juifs d’Ethiopie et ceux des ashkénazes ou des séfarades. C’est la liesse les jours de fête, accompagnés de chants et de youyous. Fresques et édifices attestent de la diversité religieuse dans la vieille ville, coptes, orthodoxes d’Orient et d’Ethiopie. Signe des temps, le symbole religieux se tatoue, chez Razzouk INK, porte de Jaffa. D’une famille de coptes palestiniens chrétiens, Wassim vous fera une croix, Jésus, mais aussi une étoile de David ou un croissant si vous préférez. Autre ambiance dans le quartier Mea Sharim, non loin de là. Ultra religieux vêtus à la russe, caftans, toques, femmes ultra couvertes, le dress code est explicite, les touristes sont averties via des panneaux : grande jupe large, manches longues exigées. Retour à la pointe de la modernité avec le spectacle son et lumière, le soir, à la tour de David, dans la vieille ville, et visite virtuelle 3D. Jérusalem c’est ça, ce saut dans le temps, incessant.

Le village Ein Kerem, les résidences d’artistes.

Prendre le bus n°27 depuis Jérusalem ou le 28 depuis le mémorial Yad Vashem qui s’arrête au cœur de Ein Kerem. Village arabe jusqu’en 48, terre agricole dans les années 50, puis communauté d’artisans. Petites rues pavées fleuries, un air de Toscane, amandiers et citronniers en fleurs, campagne à fleur de coteau. Beaucoup de femmes vivent et travaillent ici  ; conteuses, sculpteurs, peintres, stylistes … Rendez visite à Hadar Klaidman, 36 ans, tisserande. Elle travaille chez elle, une maison ancienne aux murs en pierre. Behefetz Kapeha, sa marque, est un lieu de fabrication artisanale, d’ateliers destinés aux enfants et aux adultes. A voir, pour les rouets et les créations. Depuis les hauteurs de Ein Kerem, très belle vue sur la campagne, les pins et les cèdres du Liban. L’église de la Nativité et celle de la Visitation sont situées sur deux collines, le monastère russe orthodoxe surplombe la Visitation. Le monastère des sœurs de Notre Dame de Sion, fondé par des juifs alsaciens convertis au christianisme, a un jardin superbe, un cimetière judéo-chrétien, les croix ont des inscriptions gravées en hébreu. De retour à Jérusalem centre, continuons à rencontrer les artistes qui font de Jérusalem une ville jeune et inventive. L’Artists Colony, Hutzot Hayotzer, est à 50m de la porte de Jaffa. Les galeries des 25/ 30 artistes en résidence ouvrent leur porte au public. Ils réinventent l’art juif, revisitent la tradition pour la transmettre autrement, proposent des objets de culte design, tels une boîte qui contient la Torah (le Livre) en matériaux légers, des mezouzahs (protections fixées au chambranle des portes) en verre, en argent, une menorah (chandelier) ultra design, polyvalente, conçue par un ingénieur etc. De là, on part à pied à HaMiffal Factory, Ha-Ma’aravim St 3, une bâtisse du 19ème investie par des artistes d’un genre alternatif. La maison elle-même est pleine de fantaisie, de trouvailles telles que le robot fait de vieux boulons, les WC fluos. A la cantine, bons petits plats pas chers. On peut voir travailler Michal Chevion, par exemple, jeune artiste plasticienne appréciée pour ses performances, ses installations et sa vision du «  live art show  ». En fin de journée, dégustation de vins en face des remparts de la vieille ville, à Mishkenot Sha’ananim- Yemin Moshe. C’est dans un vieux moulin que l’on goûtera aux crus du Jerusalem Vineyard Winery accompagnés de fromages.

La night, du marché Mahane Yehuda au mall First station

Le marché Mahane Yehuda, à dix minutes à pied de la vieille ville, en longeant la ligne du tram’, est un marché oriental typique, le jour. Fruits, légumes, traiteurs, étals de  Halva, ce dessert turc à base de poudre d’amande, de pain tressé, d’épices etc. Le vendredi, jour de shabbat, c’est l’effervescence. Un joueur de «  oud  », -cet instrument à cordes qui accompagne souvent les solos des danseuses égyptiennes-, vient animer la rue contre une obole. En soirée, autre ambiance, sur les rideaux de fer  descendus, on voit les dernières créations de street art et assis sur les étals, les fêtards dégustent une bière. Musique et jeunesse jusqu’à 1h du matin. Une visite culinaire est possible avec des bons à découper pour goûter boissons et spécialités, bite card à réserver sur www.machne.co.il. Pas mal de bars branchés alentour, pour ceux qui veulent prolonger le night tour. Un autre endroit a été détourné de sa fonction première entre la vieille ville et le nord de la colonie allemande  : l’ancienne gare désaffectée, première gare de Jérusalem. On a gardé les bâtiments d’origine pour les adapter en zone de loisirs et culture. La First Station est très prisée le soir d’autant que la plupart des festivals ont des évènements ici. Expo permanente de trains miniatures, terrasses de bars, station d’escalade, carrousel viennent compléter la galerie de distractions. Jérusalem, c’est aussi une ville de rooftops, à noter celui sur le toit de l’hôtel Mamilla pour la  vue sur la holy place. Prendre une coupe de champagne sur la longue et jolie terrasse un soir d’été en attendant que soit servi le dîner est un moment de pur bonheur.  Enfin, Jérusalem tendance ne serait pas sans le Nocturno’s, un complexe 7 Bezabel street en descendant depuis Mahane Yehuda. Un complexe artistique, mélangeant un espace bar-resto, un sous sol dédié aux concerts, stand up, poésie, le Nocturno Live, et un étage consacré aux designers israéliens qui ont une démarche écolo. Une institution depuis une vingtaine d’années qui n’a même pas son équivalent ailleurs. Si tel Aviv a le monopole de la branchitude, Jérusalem peut se vanter d’avoir des espaces trendy uniques.

Photos office du tourisme de Jérusalem.

Carnet pratique  :

  • Y aller
  • Transavia dessert Tel-Aviv depuis Paris-Orly à raison de 16 vols par semaine, du lundi au dimanche, à partir de 89€ TTC l’aller simple, et depuis Lyon à raison de 4 vols par semaine, à partir de 54€ TTC l’aller simple.  www.transavia.com
  • Y dormir
  • New Lady Stern Hôtel,  nouveau boutique hôtel à deux pas de Mahane Yehuda et de la gare Itzak Navon, design moderne, Jaffa street 204, environ 330 € la nuitée en chambre double.
  • Villa Brown, à proximité du quartier Mea Sharim et de la vieille ville, boutique hôtel dans un style oriental chic, avec une terrasse pour le petit déjeuner ou le dîner. Henevi’im street 54, environ 275 € la nuitée en chambre double.
  • S’y restaurer
  • Resto Jacko’s street, Agripas street 74. Second resto ouvert après celui du marché Mahane Yehuda, menu varié, cuisine fusion, mention spéciale pour les «   turkish raviolis   » ou la salade de betterave aux graines de sésame noir.
  • HaDekel, 3 Hadekel Street, restaurant branché avec cuisine ouverte. Une expérience culinaire assez inoubliable.
  • S’y amuser   :
  • Yellow Submarine, must de la scène musicale, soirées jazz le mardi soir.   http://yellowsubmarine.org.il/?lang=en

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