Economie

Face à l’aggravation de la crise sanitaire, Bruxelles se met en position d’agir

Et si le plan de relance européen à 750 milliards d’euros, sur lequel les Vingt-Sept ont eu tant de mal à s’entendre, ne suffisait pas ? Et s’il fallait, face à la deuxième vague du Covid-19, prendre d’autres mesures pour aider les économies du Vieux Continent à traverser cette nouvelle phase de la crise ? C’est une petite musique que l’on entend de plus en plus souvent à Bruxelles. Comme s’il fallait préparer le terrain, alors que partout en Europe, la propagation de la pandémie s’accélère et que les restrictions se multiplient.

D’ailleurs, depuis quinze jours, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, a réactivé la cellule de crise qu’elle avait mise en place durant le confinement, au printemps. A l’époque, tous les matins à 9 heures, elle retrouvait – en visioconférence – certains de ses commissaires, pour discuter avec eux des ravages de la pandémie, et de ses conséquences sanitaires, économiques ou encore sur les frontières. Ce rendez-vous a donc été rétabli, pour l’instant à raison de trois fois par semaine. Et, vendredi 23 octobre, il était justement consacré, entre autres, à la situation économique. Paolo Gentiloni, commissaire à l’économie, et Valdis Dombrovskis, vice-président de l’exécutif européen, y sont notamment intervenus.

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« Cet été, on s’est peut-être bercé d’illusions, on a pu croire qu’il n’y aurait pas de deuxième vague. Aujourd’hui, il est clair que la situation est dramatique et, à la Commission, on commence à réfléchir à la suite », confie un haut fonctionnaire. Dans un entretien à La Stampa, cette semaine, M. Dombrovskis n’a pas caché que la situation actuelle était plus que préoccupante : « Nous nous tenons prêts à réagir par de nouvelles propositions si nécessaire », a-t-il confié.

Réflexion tous azimuts

Pour l’heure, la suspension du pacte de stabilité et de croissance – et des règles budgétaires qui veulent que le déficit ne dépasse pas 3 % du produit intérieur brut (PIB) ou que la dette soit inférieure à 60 % de la richesse nationale – a été prolongée. Tout comme les dérogations au régime des aides d’Etat, qui permettent aux gouvernements de voler au secours de leurs entreprises sans que Bruxelles les en empêche.

Lire l’entretien : « En Europe centrale et orientale, les destructions d’emplois sont plus fortes qu’en 2008 »

Par ailleurs, les Vingt-Sept ont toujours la possibilité d’utiliser les fonds structurels européens qui sont encore à leur disposition pour des mesures d’urgence. C’est d’ailleurs ce qu’a fait la Pologne, jeudi, à hauteur de 1 milliard. Quant au Mécanisme européen de stabilité (MES), mis en place en 2012 quand l’union monétaire menaçait d’exploser, il tient toujours à la disposition des Etats membres qui le souhaiteraient jusqu’à 240 milliards d’euros de prêts. Aucun gouvernement n’a jusqu’ici sollicité le fonds de sauvegarde de la zone euro, qui reste, dans les opinions publiques italienne ou espagnole, assimilé à la crise grecque et à une Europe intransigeante.

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