Economie

Le pilotage serré d’Air France pour éviter le pire

A l’aéroport d’Orly, le 28 juin.

Dans quel état et surtout quand Air France sortira-t-elle de la crise ? Des personnels au sol jusqu’au plus haut niveau de la direction, ces deux questions restent encore sans réponse. Toutefois, une certitude prévaut : « la compagnie va moins bien qu’on l’espérait », avoue un cadre dirigeant. « La reprise sera bien plus lente que prévue », constate Christelle Auster, hôtesse d’Air France et présidente du Syndicat national des personnels navigants commerciaux (SNPNC). Le rebond attendu cet été, et qui devait donner les trois coups de la relance de la compagnie aérienne, n’a pas duré. En août, l’activité de la compagnie n’a pas dépassé 40 % du programme de vols prévus initialement.

Au ralenti, Air France a vu ses revenus chuter dramatiquement. En août, le chiffre d’affaires a plongé de 70 % par rapport à 2019. Avec ce trou d’air, c’est toute sa stratégie qui doit être décalée, sinon totalement repensée. « Nous imaginions une reprise plutôt linéaire avec 40 % d’activité en août pour atteindre 70 % en décembre », fait-on savoir du côté de la direction.

Mais la deuxième vague de la pandémie et les ouvertures et fermetures des frontières en ordre dispersé en Europe ont ruiné les espoirs de la compagnie. Après l’été, « le trafic loisirs s’est dégonflé », se désole-t-on. Et les passagers « business », ceux qui rapportent le plus aux compagnies, n’ont pas fait leur retour. Après l’été, le trafic « affaires » n’était que de 20 % par rapport à 2019. « Il a été affecté par le télétravail et les visioconférences », se lamente la direction, qui croise les doigts en espérant une inversion de tendance. « Mais si cette clientèle ne revient jamais, il faudra se reposer la question de la stratégie » de développement d’Air France, argumente-t-on du côté des pilotes.

Haute contribution

Avant la crise, Ben Smith, directeur général d’Air France, avait axé le retour au premier plan de l’entreprise sur la montée en gamme et les passagers à haute contribution. Une démarche quasi obligatoire, indique un syndicaliste : « Compte tenu du coût du travail en France qui ne permet pas à Air France de faire du low cost ou des vols à moindre coût. » Pour certains, si « la stratégie d’Air France vers le haut de gamme n’est, aujourd’hui, pas remise en cause », elle aurait déjà beaucoup évolué. Notamment avec la montée en puissance de Transavia, filiale à bas coûts d’Air France, dont la flotte n’est plus limitée et qui va reprendre une partie des destinations de sa maison mère.

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