Economie

Des médiateurs pour voler au secours des entreprises face à la crise économique

Ils sont une petite cinquantaine de chefs d’entreprise, ce mercredi 14 octobre, réunis à la chambre de commerce et d’industrie (CCI) du Val-d’Oise, autour d’un sujet qui les préoccupe au moins autant que les mesures qu’Emmanuel Macron s’apprête à annoncer au journal de 20 heures : les délais de paiement qui ruinent la trésorerie et « tuent » 30 à 40 entreprises par jour, les ruptures abusives de contrat qui coulent une boîte plus sûrement qu’un virus, les bailleurs qui exigent leur dû alors que le chiffre d’affaires est à zéro. Face à eux, Pierre Pelouzet, l’infatigable médiateur des entreprises, venu expliquer son credo : la médiation fait partie de la solution. « Le pire pour moi, c’est quand on me dit : “Ah ! Si je vous avais connu plus tôt ! Mais là, c’est trop tard : je dépose le bilan” », leur lance-t-il.

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Créée après la crise de 2008 pour apporter un soutien aux patrons englués dans des conflits avec des donneurs d’ordre qui paient trop tard ou pas du tout, des fournisseurs qui ne tiennent pas leurs délais et autres disputes autour de la propriété intellectuelle, la médiation des entreprises (MDE) a vécu dans la discrétion pendant toutes ces années. Jusqu’à ce que la crise économique consécutive à la crise sanitaire liée au Covid-19 mette l’économie à genoux. D’une soixantaine de saisines par semaine, les services de la MDE – rattachée à Bercy, il s’agit d’un service public entièrement gratuit – sont passés à 600 au plus fort de la crise, en mars-avril. Depuis, le rythme s’est ralenti, mais reste soutenu, deux fois plus élevé qu’« avant ».

Confidentialité assurée

Si toutes les sociétés, de l’entrepreneur individuel aux groupes du CAC 40, sont concernées, dans les faits, la mission des 80 médiateurs qui officient quotidiennement auprès des dirigeants consiste surtout à voler au secours de David menacé par Goliath. « Depuis le début de la crise, 98 % des saisines émanent de petites entreprises : TPE, PME, artisans…, raconte Pierre Pelouzet. En face d’eux, des ETI, des grands groupes, des acteurs publics… Il existe quelques rares cas où ce sont des grands groupes qui nous saisissent. Parce qu’ils nous connaissent et ont un problème avec un fournisseur, parfois avec une autre grande entreprise. » Mais ces situations restent rares. Le médiateur peut aussi intervenir dans des conflits qui opposent collectivement plusieurs patrons ou commerçants face à un donneur d’ordre abusif ou un bailleur intransigeant.

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