Economie

L’opération communication de Mediapro peine à rassurer le football français

Le fondateur de Mediapro, Jaume Roures, à Paris, mercredi 21 octobre.

Opération communication pour Jaume Roures. Sept jours après la révélation dans Le Canard enchaîné du 14 octobre des difficultés financières de Mediapro, nouveau diffuseur du championnat français de football, et du « bad buzz » qui a suivi, le fondateur catalan a fait le déplacement à Paris, mercredi 21 octobre, pour tenter de calmer les inquiétudes.

Au programme : une conférence de presse, un déjeuner avec une poignée d’éditorialistes triés sur le volet et un passage dans les locaux de la chaîne Telefoot pour évoquer la situation auprès des salariés. Avec un message : Mediapro, qui a lancé cette nouvelle chaîne de télévision payante 100 % football en août, est bel et bien là, et ses problèmes sont passagers, à mettre sur le compte de la crise liée au Covid-19. « Je suis venu pour rassurer : Telefoot va continuer. Nous avons un projet pour quatre ans, auquel on croit », a déclaré Jaume Roures.

Information la plus cruciale, le Catalan a officialisé la « procédure de conciliation », sous laquelle se trouvait Mediapro. La société, qui avait au départ choisi, de bonne source, de se placer sous « mandat ad hoc », avant d’évoluer vers cette fameuse conciliation, s’est ainsi mise sous la protection du tribunal de commerce, afin de renégocier sa dette et ses créances avec la Ligue de football professionnel (LFP), à laquelle elle doit 172 millions d’euros. « Nous voulons adapter le contrat à la situation pour cette saison, pas pour le reste. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas trouver de solutions », a martelé M. Roures, qui espère au pire un délai de paiement (une option qui serait prévu dans le contrat en cas de problème), au mieux, une ristourne sur cette année difficile.

Position « dure » de la LFP

Les ordonnances prises par le gouvernement dans le cadre du Covid-19, en mai, ont renforcé le droit des entreprises en difficultés, afin d’éviter « les faillites en chaînes », comme l’a rappelé Guilhem Bremond, l’avocat de la société lors de la conférence de presse. Ainsi, si la durée de la conciliation est « limitée » à quatre mois, éventuellement extensible d’un mois, elle interdit à la LFP de faire jouer son contrat en récupérant ses droits au bout de trente jours de retard de paiement.

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A quel sacrifice est prête la LFP ? Depuis le départ, la Ligue tient une position « dure », refusant de mettre la main dans l’engrenage du délai de paiement et en ayant fait le calcul qu’elle pouvait tenir deux échéances sans percevoir d’argent de Mediapro, soit 344 millions d’euros. Après un premier emprunt de 120 millions, elle s’est montrée confiante cette semaine devant les clubs de football dans sa capacité à contracter un crédit supplémentaire. Mais refuser tout accord reviendrait à pousser Mediapro vers une procédure de sauvegarde et à tirer un trait définitif sur ces sommes.

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