Economie

La montagne se rebiffe contre le Club Med

La Clusaz (Haute-Savoie), en août 2018.

Les cloches des moutons et des vaches tinteront encore par ici, sur ces grandes étendues vertes des Chenons, sur les hauteurs de La Clusaz (Haute-Savoie). Les opposants ont gagné : envisagé par la municipalité précédente et la communauté de communes des vallées de Thônes (CCVT), le Club Med, avec ses 1 500 lits sur 40 000 m2, ses parkings et ses voies d’accès, ne verra pas le jour. La décision a été annoncée le 5 octobre.

« Je ne suis pas contre tous les projets, mais il faut juste équilibrer, lance un agriculteur passant par là. Le tourisme, c’est bien, mais il y en a assez par ici. » Un autre éleveur, qui souhaite lui aussi rester anonyme, confirme : « Un projet comme le Club Med, ça fait vivre des gens, mais ça en fait aussi crever. » Les terres concernées par ce projet désormais enterré sont en effet aujourd’hui à vocation agricole. « Nous, les agriculteurs, ils nous veulent surtout en images. »

Liaison par câbles

Adopté à l’unanimité par les douze élus communautaires le 27 août 2019, un SCOT (schéma de cohérence territoriale) avait notamment envisagé la création d’une station de massif montagneux dans les Aravis : avec un Club Med à La Clusaz, un autre chez les voisins du Grand-Bornand, et une liaison par câble entre les deux permettant aux vacanciers de passer de l’un à l’autre, skis aux pieds, en évitant la route. Face à la contestation, les deux premiers projets ont été abandonnés. La liaison, qui anime les deux stations depuis des décennies, reste, elle, à l’étude.

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« Il y a un sentiment de saturation que tout le monde ressent ici », en raison du nombre de projets et de constructions en cours, constate, après coup, Gérard Fournier-Bidoz, président de la CCVT. « La population le vit mal et veut une pause. »

A La Clusaz, Alexandre Hamelin, 36 ans, était conseiller municipal durant la mandature précédente. Quand il a vu ce SCOT arriver sur la table du conseil fin 2019, il y a découvert des projets « qui ne semblaient pas correspondre aux tendances sociétales et environnementales ». Il vote contre et mobilise, jusqu’à se lancer dans la course aux municipales. Il recueillera 37,38 % des voix, dans une station pourtant bien établie politiquement, plutôt à droite. « Voter non, ce n’est pas être contre tout, c’est dire Je veux que ce soit repensé ». Le sujet est en tout cas inflammable. Si le nouveau maire, Didier Thévenet (sans étiquette), avait annoncé durant la campagne que ce projet ne verrait pas le jour, un courrier envoyé après son élection à la direction du groupe de loisirs a semé le trouble dans la population, qui y a vu une porte ouverte pour un futur site. M. Thévenet plaide la « maladresse ».

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