Economie

La France présentera son plan stratégique agricole en 2021

Un champ de salades à Villebernier (Maine-et-Loire), en juillet 2019.

Le vote des députés européens, prévu vendredi 23 octobre, sur le projet de la prochaine politique agricole commune (PAC) pour la période 2021-2027 est très attendu par les agriculteurs français. Cette nouvelle mouture de la PAC va conditionner le futur de nombre d’entre eux. L’enjeu est à la mesure du poids de cette politique dans la structuration des filières alimentaires, dans le tissu économique des territoires ruraux, dans la question environnementale et climatique, et, bien sûr, dans l’assiette du consommateur.

Un pas crucial a été franchi le 21 juillet. A l’issue d’un round très dur de négociations, les Vingt-Sept se sont accordés sur le budget 2021-2027 alloué à la PAC. Il prévoit le maintien du montant global en valeur faciale, même si, en tenant compte de l’inflation, il pourrait baisser de près de 10 %. Soit une enveloppe de 386 milliards d’euros. Pour la France, la quote-part serait de 62,4 milliards d’euros. Un résultat salué peu ou prou par l’ensemble des syndicats agricoles.

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Le cadre budgétaire étant dessiné, il reste à fixer les outils de répartition et à déterminer la stratégie agricole européenne et française. Bruxelles a demandé à chaque Etat membre de lui livrer un « plan stratégique national de la PAC ». Un exercice retardé après les aléas des discussions européennes. Il devait être prêt en septembre. Le ministère de l’agriculture estime désormais qu’il l’enverra au deuxième trimestre 2021. Il préfère attendre de connaître l’épure du projet bruxellois pour parfaire sa copie.

Dix objectifs

Toutefois, en février, en préalable au débat français, le gouvernement a établi un diagnostic de la PAC et en tire quelques lignes directrices pour la suite. Il identifie finalement 48 besoins nationaux classés en dix objectifs : revenus des agriculteurs, compétitivité, filières, climat, ressources naturelles, biodiversité, jeunes agriculteurs, développement local, exigences sociétales, modernisation et connaissances.

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Ce travail met en exergue, en préambule, la grande diversité des situations financières des exploitations agricoles. Prenant en exemple les chiffres de 2017, il rappelle que le revenu annuel moyen d’un agriculteur était de 27 400 euros. Mais 14 % des paysans accusaient des pertes, quand 15 % gagnaient plus de 50 000 euros. Une forte disparité relevée entre les productions, entre les régions, mais aussi d’une année sur l’autre. Le démantèlement des outils de régulation des marchés agricoles, désormais ouverts à la mondialisation, expose les agriculteurs aux mouvements brusques des cours. Une volatilité encore accrue par les accords commerciaux bilatéraux signés par l’Europe avec des pays tiers. Depuis 2005, la volatilité des prix agricoles a plus d’incidence sur le revenu des agriculteurs que les variations de rendement.

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