Economie

Pour lutter contre la désertification, les villes allemandes reprennent possession de leurs centres

Le grand magasin de la chaîne Kaufhof, dans le centre de Neubrandenbourg, le 19 juin.

C’est l’une des images emblématiques de l’épidémie de Covid-19 : les centres-villes vidés de leur population. Imposée par le confinement décrété le 23 mars, la fermeture des commerces et des restaurants n’a duré que quelques semaines en Allemagne, mais, dans de nombreuses petites villes, la crise sanitaire a amplifié un mouvement déjà en cours depuis longtemps : la désertification des centres. Comme en France, les commerces ferment, sous l’effet de la concurrence des centres commerciaux en périphérie, du repli des services publics, de l’essor de l’e-commerce et des services bancaires en ligne et, désormais, du développement du télétravail.

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Début septembre, la Fédération allemande des villes et des communes s’est alarmée de l’« hémorragie » en cours dans les centres-villes du pays. « Le commerce de détail, notamment à cause des conséquences de la pandémie, fait face à un bouleversement massif », écrit la fédération, qui redoute la fermeture, à court terme, de 50 000 commerces en Allemagne. Pour beaucoup de communes de taille moyenne, l’annonce par le groupe Karstadt Kaufhof de la fermeture de 62 grands magasins, au mois de juin, a été perçue comme un chant du cygne. Ces grands magasins, installés au meilleur endroit de leur zone piétonne, jouaient le rôle d’aimant, capables de drainer suffisamment de consommateurs dans les boutiques alentour.

La situation est à ce point critique que la fédération a appelé à organiser un dialogue entre les représentants des villes concernées, les commerçants, les propriétaires immobiliers et les acteurs du tourisme pour sauver les centres-villes.

Une des stratégies les plus inattendues recommandées aux communes consiste à racheter les biens immobiliers laissés vacants, même temporairement, afin de pouvoir les proposer à moindre coût à des commerçants, des artisans, des artistes, ou pour en faire des logements. Tout usage susceptible de faire revenir de l’animation dans les zones considérées comme les « cartes de visite » des communes et « les lieux d’identification » de leur population.

Gestion coordonnée entre acteurs publics et privés

A l’évocation de cette initiative, les responsables de la ville de Neubrandenbourg, dans le nord-est du pays, dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, esquissent un petit sourire de satisfaction. Comme une discrète revanche du modèle de l’Est. Dans cette commune de 65 000 habitants, située au milieu du plateau lacustre du Mecklembourg, à deux heures au nord de Berlin, cela fait longtemps que la gestion du centre-ville est menée de façon coordonnée entre les acteurs publics et privés de la ville, avec succès. Même en temps de Covid-19, il n’y a presque aucune boutique vide. L’atout de Neubrandenbourg : un parc immobilier en gestion communale de 300 espaces commerciaux dans le centre-ville, en plus de 12 000 appartements.

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