Economie

« Les nouvelles restrictions pèsent sur la reprise »

Christine Lagarde, chez elle, à Paris, en 2019.

Couvre-feu à 21 heures dans certaines métropoles françaises, interdiction des fêtes privées en Italie, confinement partiel aux Pays-Bas : les nouvelles mesures prises en Europe pour tenter d’endiguer la pandémie vont peser sur la conjoncture, s’inquiète Christine Lagarde. En poste depuis un an, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) souligne l’importance du plan de relance européen pour soutenir les économies. Mais elle prévient : si celui-ci n’est pas versé rapidement et qu’il n’est pas bien ciblé, les pays membres « rateraient une occasion historique ».

Face à la recrudescence de la pandémie, de nombreux pays instaurent de nouvelles restrictions. Dans ce contexte, quelles sont vos craintes pour l’économie européenne ?

La deuxième vague épidémique en Europe, notamment en France, et les nouvelles mesures de restrictions qui l’accompagnent ajoutent à l’incertitude et pèsent sur la reprise. Après le rebond observé cet été, la reprise était inégale, incertaine et incomplète. Elle risque désormais de s’essouffler. Nous serons très attentifs aux indicateurs tout au long de l’automne. Notre scénario central prévoit pour 2020 une chute du PIB de 8 % en moyenne dans la zone euro, en incluant des hypothèses de restrictions partielles, et localisées. Si la situation se détériore, cela noircira évidemment nos prévisions, que nous réviserons en décembre.

Certains espéraient, en mars, que la pandémie serait un choc de courte durée. Ce n’est pas le cas. Quelles cicatrices de long terme cette crise pourrait-elle laisser ?

Le plus grave, ce sont les pertes d’emplois. C’est un risque pour le tissu social, le revenu des ménages, la demande, et la croissance. Les gouvernements de la zone euro doivent y être extrêmement attentifs. Il nous paraît essentiel que les filets de sécurité budgétaires mis en place par les gouvernements pendant cette crise ne soient pas retirés prématurément.

Face à la chute de l’activité, la BCE a lancé des rachats de dettes approchant 1 500 milliards d’euros, ce qui est sans précédent. En cas d’aggravation de la crise, que pourrait-elle faire de plus ?

Nous n’avons pas épuisé toutes les possibilités de notre boîte à outils. S’il faut faire plus, nous ferons plus. Quand j’ai pris mes fonctions, on m’a dit : vous n’aurez plus rien à faire, tout a été fait. Eh bien non. Nous avons trouvé les moyens de stabiliser les marchés et de soutenir l’économie de la zone euro. Notre action entre le mois de mars et le mois de juin a généré, d’après nos estimations, l’équivalent de 1,3 point de croissance, et de 0,8 point d’inflation. Nous avons aussi sauvé un million d’emplois dans la zone euro, d’après les calculs de la BCE. Nous avons donc agi, et avec efficacité.

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