Economie

« Les choix de politique étrangère d’un futur président Biden restent disputés »

Tribune. Antony Blinken est l’un des rares conseillers de Joe Biden à donner des entretiens à la presse américaine ces temps-ci. Il s’est notamment exprimé ces dernières semaines à propos des relations transatlantiques. Il s’agissait sans doute de rassurer les milieux d’affaires américains sur les suites que donnerait une possible administration démocrate à la guerre commerciale lancée par Donald Trump, mais aussi de renforcer les positions du courant modéré au sein du Parti démocrate. En effet, les choix de politique étrangère d’un futur président Biden restent disputés.

En cas de victoire démocrate à la présidentielle du 3 novembre, le courant modéré autour de Joe Biden engagerait un retour immédiat à la diplomatie traditionnelle telle qu’elle est pratiquée par les élites de Washington, et donc au multilatéralisme : les Etats-Unis reviendraient dans l’accord de Paris sur le climat « dès le premier jour » et tenteraient de ressusciter l’accord nucléaire avec l’Iran. Après les atermoiements de Trump vis-à-vis de la Russie, on verrait le retour à Washington d’une hostilité bipartisane vis-à-vis de Poutine, tout en reprenant les négociations sur la prolongation des accords bilatéraux de désarmement New Start.

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Ce courant aurait également une position exigeante sur les droits de l’homme partout dans le monde. Enfin, les principaux conseillers du candidat Biden en matière de politique étrangère ont des liens étroits avec l’Europe : Antony Blinken est francophone et francophile, Julie Smith a une longue expérience de l’Allemagne, Jake Sullivan est un ancien bénéficiaire de la bourse Rhodes à l’université d’Oxford, en Angleterre. Tous auraient à cœur de célébrer l’amitié transatlantique et l’importance de l’OTAN.

Positionnement différent

Mais la gauche du parti, représentée par Elizabeth Warren et Bernie Sanders dans les primaires démocrates du printemps, entretient un positionnement différent en matière de politique étrangère. Pour elle, le combat moral de l’Amérique dans le monde ne doit pas tant porter sur la défense de la démocratie que sur celle des citoyens les plus pauvres. Plutôt que la liberté, c’est l’égalité qui lui importe. De plus, les Etats-Unis doivent se garder d’entamer des interventions militaires qui, même bien intentionnées, tombent le plus souvent à leurs yeux dans l’impérialisme. Rallié depuis avril à la candidature de Biden, ce courant radical a voulu faire entendre ses vues. Contrairement à Hillary Clinton ignorant Bernie Sanders en 2016, Joe Biden s’est montré plus ouvert, écoutant les opinions de ses anciens rivaux, portées notamment par le conseiller de politique étrangère de Sanders, Matt Duss.

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