Economie

François Pinault, supporteur et mécène du Stade rennais, enfin comblé

François Pinault au Roazhon Park avant un match entre le Stade rennais et Nancy, le 20 août 2016.

Au moins, son rival Bernard Arnault ne peut pas en dire autant. Mardi 20 octobre, juste avant 21 heures, au Roazhon Park, François Pinault écoutera le cœur serré l’hymne de la Ligue des champions, avant d’assister aux débuts de « son » Stade rennais dans la plus prestigieuse compétition européenne contre les Russes de Krasnodar. Des grandes fortunes françaises du CAC 40, le Breton est le seul à posséder son club de football. « Le Stade rennais fait partie de leur famille, il est devenu comme un cousin, dit même Frédéric de Saint-Sernin, président délégué entre 2006-2010 puis 2012-2014. Ce n’est pas une danseuse pour briller dans les dîners à laquelle on donne un billet de temps en temps. »

Officiellement, le milliardaire de 84 ans a passé la garde du « cousin » à son fils François-Henri (58 ans), tout comme pour son groupe Kering. Mais dans les faits, le Stade rennais reste un peu sa chose et cela, depuis son rachat en 1998. « C’est un choix affectif au départ, assure Jacques Delanoë, actuel président du conseil d’administration du club et proche de la famille. Par exemple, François-Henri Pinault m’a raconté que jusqu’à ses 16 ans, sa chambre donnait sur le stade de la Route-de-Lorient [devenu Roazhon Park en 2015]. M. Pinault a voulu rendre à la Bretagne ce qu’elle avait pu lui donner en aidant le club à se développer alors qu’il faisait l’ascenseur entre la première et la deuxième division. »

Vingt-deux ans plus tard, l’ascenseur indique toujours l’étage de l’élite, et l’homme réputé froid vire sentimental quand il s’agit de ses « Rouge et Noir ». Surtout quand le succès arrive enfin, après des années à perdre des finales de Coupe de France contre le voisin guingampais (2009 et 2014) ou à trébucher du podium à la dernière seconde de la dernière journée (2007).

« Ventre mou » et gestion de bon père de famille

Président délégué à trois reprises entre 2000 et 2017, René Ruello dévoile l’émotion du propriétaire après la victoire en Coupe en 2019. « Nous étions dans le bureau de la maire avant de présenter le trophée aux supporteurs et il m’a confié : “J’ai connu des réussites dans mes affaires, mais jamais une émotion comme celle-là. François Pinault est d’abord un amoureux de son club. » Mais un amoureux discret, qui demande aux différents entraîneurs la permission avant d’entrer dans le vestiaire.

Après cette victoire en finale contre le Paris Saint-Germain, Rennes cesse d’être cette équipe qui réalise l’exploit de ne jamais rien gagner, tout en ayant un des propriétaires parmi les plus riches du football européen. A son époque, M. de Saint-Sernin compose avec cette image de « loser ». « J’ai perdu trois finales de Coupe, mais avant, on ne risquait pas de les perdre puisque le club n’y allait plus depuis 1971. Le club a grandi à son rythme et je faisais attention aux deniers du propriétaire. »

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