Economie

En Chine, « Auchan constate la puissance des acteurs locaux et son impuissance à les concurrencer sur le commerce en ligne »

A Pékin, le 19 octobre 2020.

Wuhan, cité grise au bord du fleuve Yangzi Jiang, a fait basculer le monde dans une autre dimension. Le « virus de Wuhan », comme l’appelle le président américain, Donald Trump, a plongé le monde dans la récession. Moins d’un an plus tard, la ville est le symbole du renouveau de la Chine, qui sort de la crise plus forte que jamais. La semaine de congé d’automne, qui s’est déroulée la première semaine d’octobre, a jeté sur les routes du pays près de 600 millions de touristes, avides de sortir et de dépenser à nouveau. Et la destination vedette fut… Wuhan. Dix-huit millions de chinois ont convergé vers la pagode de la Grue jaune, qui domine la ville. Au passage, ils ont laissé 1,4 milliard de dollars dans les hôtels et magasins en tous genres.

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Le phénomène s’est reproduit dans tout le pays. En septembre, les ventes au détail en Chine ont progressé de 3,3 % par rapport à septembre 2019. Situé manifestement dans un autre espace-temps que le nôtre, l’empire du Milieu retrouve le chemin de la croissance économique. Il pourrait bien être le seul dans ce cas en 2020. Pour certaines entreprises étrangères présentes dans le pays, c’est une bouée de sauvetage inespérée, comme on l’a vu récemment avec les bons résultats de LVMH. Pour d’autres, c’est trop tard. Les Chinois retrouvent le chemin des magasins, mais Auchan, pourtant leader des supermarchés dans le pays, choisit de rendre les armes.

Un « marché inspirant »

Le groupe nordiste a annoncé ce lundi 19 octobre la vente de ses parts dans le groupe SunArt, qu’il avait fondé en 2000, au géant du commerce Alibaba, déjà propriétaire depuis 2017 de 36 % de la société. Symbole dans le symbole, c’est un acteur du numérique qui prend le contrôle du commerce physique en Chine, récupérant 484 hypermarchés et 150 000 personnes.

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Dommage pour Auchan, qui vend ainsi sa pépite en pleine tourmente. Mais il est trop tard. Comme Carrefour avant lui, le groupe constate la puissance des acteurs locaux et son impuissance à les concurrencer sur le commerce en ligne, devenu primordial dans le pays, surtout depuis la crise sanitaire. Les ventes de SunArt ont bondi dans ce domaine également, mais grâce à la plate-forme d’Alibaba. C’est ce que pudiquement le français appelle « un marché inspirant, mais très spécifique ».

Il y a surtout urgence à redresser un groupe dans le rouge, qui enchaîne depuis deux ans les restructurations et fermetures de magasins. Les quelque 3 milliards d’euros serviront, entre autres, à réduire une dette de plus de 5 milliards, qui limite sa capacité d’investissement au moment où il faut se réinventer. L’esprit de conquête n’est plus d’actualité. Il a basculé de l’autre coté du monde.

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