Economie

« Après quatre ans de promesses et de petits arrangements avec la réalité, l’heure des comptes a sonné pour Donald Trump »

Le président américain, Donald Trump, à Muskegon (Michigan), le 17 octobre.

L’image était belle. Le 28 mars 2017, au siège de l’Agence de protection de l’environnement à Washington, une douzaine de mineurs posaient derrière Donald Trump pour immortaliser « la fin de la guerre contre le charbon ». Le président des Etats-Unis venait d’annuler plusieurs décrets favorables à l’environnement décidés par Barack Obama. « Nous allons remettre nos mineurs au travail », proclamait-il sous les applaudissements, entretenant ainsi l’espoir que le volontarisme politique suffirait pour stopper un déclin que ses opposants disaient inéluctable.

Trois ans plus tard, les promesses sont parties en fumée et Donald Trump évite désormais de parler de la renaissance de la houille. Depuis son investiture, 145 centrales à charbon ont été mises à l’arrêt, entraînant la suppression de plus de 10 % des emplois du secteur. Sur la période, la part du charbon dans la production d’énergie des Etats-Unis est passée de 31 % à 20 %. Cette activité n’avait jamais connu un tel déclin au cours d’une mandature.

Vendeur de rêve

Après quatre ans de promesses aussi spectaculaires qu’intenables, de propos démagogiques et de petits arrangements avec la réalité, l’heure des comptes a sonné pour Donald Trump. L’ex-animateur de jeu de télé-réalité a su vendre du rêve à des électeurs séduits par un discours qui se penchait enfin sur leurs difficultés. Mais les résultats sont loin d’être à la hauteur de ce qu’il prétend, même en arrêtant le curseur avant le déclenchement de la pandémie qui a massacré son bilan économique.

Lire aussi l’éditorial du « Monde » du 12 octobre 2020 : Le bilan économique de Donald Trump anéanti par le Covid-19

Donald Trump avait ainsi promis de porter de la croissance à 4 % en moyenne. Au cours des trois premières années, le produit intérieur brut (PIB) a finalement progressé à un rythme de 2,5 %, c’est-à-dire, bon an mal an, la performance réalisée de 2014 à 2016 sous son prédécesseur. Le constat est similaire sur le chômage : avant la crise sanitaire, 6,5 millions d’emplois ont été créés durant la présidence Trump contre 8,1 millions sur les trois dernières années de la présidence de Barack Obama, soit 43 000 de plus par mois.

Lire aussi La création d’emplois chute aux Etats-Unis ; le chômage baisse et s’établit à 10,2 %

Ce n’est pas faute d’avoir tenté de stimuler une économie, qui peinait à retrouver le dynamisme d’avant la crise de 2008. Tout en profitant de la baisse des taux d’intérêt pratiquée par la Réserve fédérale, le président a fait croire qu’il suffirait de réduire l’impôt sur les sociétés pour accélérer les investissements, et que la baisse des taxes générerait plus d’activité et donc plus de recettes budgétaires. Un mirage. Entre 2017 et 2019, le déficit a explosé de 68 %, du jamais-vu en période d’expansion.

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