Economie

Le véhicule électrique, star des banlieues chic

La scène se déroule, cet été, dans une coquette maison nichée dans l’une de ces petites communes dortoirs qui parsèment les collines de l’est des Bouches-du-Rhône. Lui est cadre à Marseille. Elle travaille dans une administration à Toulon. La discussion porte sur le changement de leur seconde voiture, sur le point de rendre l’âme. Et ils viennent de choisir : ce sera une électrique de marque française. La prime de 5 000 euros du département qui s’ajoute aux 7 000 euros de l’Etat les a fait basculer.

Notre couple provençal n’a rien d’une exception. Il est même très représentatif d’un nouvel engouement des Français (stimulé, il est vrai, par les subventions) pour le véhicule à batteries. Car, sur les neuf premiers mois de l’année, les ventes de voitures électriques semblent branchées sur du 400 volts : elles représentent 6 % du total des immatriculations, contre 1,93 % en 2019. Un palier majeur a été franchi et nous avons cherché à savoir qui sont ces nouveaux électro-automobilistes. Pour ce faire, nous avons demandé l’aide du cabinet de marketing C-Ways, dont la filiale Autoways a accès au fichier des immatriculations du ministère de l’intérieur.

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Et il y a quelques surprises… Voiture de ville pour célibataire bobo parisien ? Que nenni ! Le véhicule électrique est présent sur tout le territoire. Par rapport au véhicule thermique neuf, les agriculteurs et les familles sont plus représentés dans les ventes, et il s’en vend plus dans les villes moyennes peu denses qu’au cœur des métropoles.

Deux principales limites du marché

Reste une caractéristique incontestable, massive et celle-ci pas inattendue : la voiture électrique est un véhicule pour ménage aisé doté d’un habitat individuel type pavillon. Cette caractéristique s’inscrit avec force dans la répartition géographique des ventes de voitures à batteries : on les trouve foisonnantes dans des territoires comme la vallée de Chevreuse dans le sud-ouest de l’Ile-de-France, la grande banlieue ouest-bordelaise ou est-toulousaine, les pourtours du lac d’Annecy, les vallées et hauteurs recherchées de l’agglomération grenobloise.

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Ces caractéristiques montrent les deux principales limites du marché de l’électrique : d’une part, le véhicule est souvent cher (rien à moins de 30 000 euros), et le relais ne peut être pris par un marché de l’occasion quasiment inexistant. « Le prix de ce type de véhicule est encore tel que le marché ne peut se passer de fortes primes à l’achat gommant ce surcoût, explique Eric Champarnaud, associé-fondateur de C-Ways. Le gouvernement, qui compte les réduire à partir de 2021, devrait se souvenir du cas chinois, où une baisse des aides a entraîné l’effondrement des ventes. »

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