Economie

Le Covid-19 a fait perdre à l’Etat actionnaire 22 % de son portefeuille boursier

Martin Vial, directeur général de l’Agence des participations de l’Etat, à Paris, en octobre 2019.

L’Etat actionnaire a beaucoup souffert du Covid-19. La crise sanitaire, doublée d’une dépression économique, lui a fait perdre 30 % de son portefeuille de 11 entreprises cotées (sur 85), indique le rapport annuel (juin 2019-juin 2020) de l’Agence des participations de l’Etat (APE), transmis, il y a quelques jours, au Parlement. De 75,1 milliards d’euros, sa valeur est tombée à 52,3 milliards, fin juin. Depuis, cette perte a été ramenée à – 22 %, indique Martin Vial, le directeur général de l’APE. L’agence n’avait jamais constaté une telle dégradation depuis sa création, en 2004.

Le rendement (évolution des titres + dividendes) du portefeuille coté a été médiocre ces trois dernières années : + 1,6 %, en moyenne annuelle, entre juin 2017 et juin 2020, très au-dessous du CAC 40 (+ 7,6 %). Cette sous-performance s’explique par la surpondération des secteurs en difficulté dans le portefeuille de l’Etat : l’énergie (EDF, Engie, Orano…), l’industrie aéronautique et de défense (Airbus, Safran, Thales) et les transports (Air France-KLM, Groupe ADP…). Sur l’exercice 2019, l’Etat n’a perçu que 2,3 milliards d’euros de dividendes, dont 1,7 milliard en numéraire et le solde en actions (surtout d’EDF).

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La période pré-Covid, jusqu’à la fin février, avait été « très active », rappelle M. Vial. Outre son aide à l’élaboration de la loi Pacte sur le soutien aux entreprises, l’agence a cédé pour 3 milliards d’euros d’actifs, dont 1,9 milliard pour 52 % de la Française des jeux, introduite en Bourse, et 1 milliard tiré de la création du grand pôle financier public regroupant les compétences de la Caisse des dépôts, de La Banque postale, de Bpifrance et de CNP Assurances. Depuis 2015, l’Etat a vendu pour 14 milliards, « et plutôt bien », assure-t-il.

Une période de cessions révolue

Cette période de cessions est révolue. Le ministre de l’économie, des finances et de la relance, Bruno Le Maire, défend certes la nécessité de concentrer la présence de l’Etat dans les « entreprises stratégiques » de la défense, du nucléaire et des transports ; les autres actifs (automobile, télécoms, énergie…) ont vocation à sortir du périmètre de l’APE ; Engie et Groupe ADP restent privatisables. Mais M. Le Maire constate que « les conditions économiques ne sont pas réunies », en raison des incertitudes boursières et de la récession. Le gouvernement ne cédera plus rien avant la fin du quinquennat.

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