Economie

« Le transport maritime a beaucoup moins souffert que les croisiéristes et les compagnies aériennes »

Le porte-conteneurs « Jacques-Saadé » dans le port de Singapour, le 11 octobre 2020.

Pertes et profits. C’est un fameux bateau, le Jacques-Saadé. L’armateur français CMA-CGM a annoncé, mardi 13 octobre, que son « navire amiral », qui fonctionne au gaz naturel liquéfié, avait quitté Singapour la veille chargé de 20 723 conteneurs. Un « record mondial » et une « prouesse opérationnelle », s’est félicité le groupe basé à Marseille, numéro quatre du transport maritime. Et le signe que la pandémie de Covid-19 est loin d’avoir tué le secteur, même si elle a entraîné une contraction des échanges commerciaux. Hissez haut !

Le même jour, le premier transporteur de « boîtes » au monde, le danois AP Moller-Maersk, publiait de bons résultats trimestriels (juillet-septembre), qui confirment la tendance positive amorcée au deuxième trimestre. Ce qui ne l’a pas empêché d’annoncer qu’il jetait 2 000 employés (sur un effectif de 84 000) par-dessus bord, dans le cadre de son recentrage sur le transport lancé en 2017 avec la vente à Total de ses activités dans l’exploration-production d’hydrocarbures.

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Le chiffre d’affaires de Maersk s’est stabilisé sur un an (- 1 %) et s’établit à 8,4 milliards d’euros sur le trimestre. « Les volumes ont rebondi plus vite que prévu, nos coûts sont restés bien sous contrôle, les taux de fret [tarifs fixés par les armateurs] ont augmenté en raison de la forte demande, et les bénéfices de Logistics & Services progressent rapidement », a résumé son directeur général, Soren Skou. Les perspectives de fin d’année sont « solides pour les mêmes raisons », et il escompte un résultat brut d’exploitation entre 7,5 et 8 milliards de dollars.

Navigation à vue

Par ces temps de pandémie, marchandises et matières premières circulent plus que les hommes. Le transport maritime a beaucoup moins souffert que les croisiéristes et les compagnies aériennes, qui ne doivent leur survie qu’aux aides d’Etat et aux plans sociaux. Il bénéficie d’un pétrole à environ 40 dollars le baril, un tiers de moins qu’en janvier, et profite du recul du fret aérien. Sans oublier l’explosion de l’e-commerce, qui « a besoin de plus de stocks, ce qui fait plus de conteneurs à transporter », notait en septembre Rodolphe Saadé, PDG de CMA-CGM, pour justifier l’amélioration de ses résultats.

Le rebond de la Chine est aussi un facteur d’optimisme. « L’activité est revenue à la normale plus vite que prévu après le redémarrage de la quasi-totalité du pays début avril », note le Fonds monétaire international dans son dernier rapport. Sa croissance devrait être de 1,9 %, contre 1 % prévu en juin. Et l’institution de Washington mise sur + 8,2 % (+ 8,8 % en Inde) en 2021.

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