Crypto

Que retenir de la 3ème étude benchmarking crypto de Cambridge ?

Depuis trois ans, l’Université de Cambridge (UC) publie chaque année un tour d’horizon du monde de la crypto. Cette étude porte le nom de « Global Cryptoasset Benchmarking Study » et est réalisée par le Cambridge Centre for Alternative Finance (CCAF). L’étude est attendue chaque année par les spécialistes comme par les investisseurs en herbe. L’objectif est de pouvoir mettre des chiffres derrière la montée en puissance de la crypto dans nos économies respectives. En plus d’être réalisée par des spécialistes, l’étude balaie un spectre très large. De plus, elle s’appuie sur des données provenant de 280 agences ou entreprises implantées dans 50 pays à travers le globe. Le rapport issu de ce benchmarking est disponible gratuitement en ligne (en anglais). Découvrez-en les grandes lignes.

L’industrie de la cryptomonnaie

L’étude commence tout d’abord par des données sur l’emploi dans l’industrie crypto. Après une année record en 2017, l’augmentation des emplois est désormais en recul. Ainsi, en 2019, l’emploi a progressé de 21 %, ce qui représente tout de même une baisse de 57 % comparée à 2018. En particulier, le secteur du minage est celui le plus touché. En 2020, il a ainsi enregistré une baisse de 37 % au niveau des emplois.

Les chiffres des entreprises laissent à penser que le secteur est en train de se structurer. Des géants sont en consolidation et agrègent de plus en plus de petites entreprises. L’Asie-Pacifique est la région qui enregistre le plus grand nombre d’entreprises au développement florissant (39 %). Puis viennent l’Europe (27 %), l’Amérique du Nord (23 %), le Moyen-Orient et l’Afrique (18 %) et l’Amérique du Sud avec les Caraïbes (13 %).

L’industrie du minage de cryptos

Le coût des activités de minage

Le coût du minage est disparate suivant les régions. Le pourcentage du coût de l’équipement, des services, de la maintenance et des employés est le suivant (respectivement) :

  • Asie-Pacifique : 37 %, 49 %, 7 %, 7% ;
  • Europe : 43%, 41%, 9%, 6% ;
  • Amérique du Sud et Caraïbes : 52%, 21%, 6%, 16% ;
  • Amérique du Nord : 52%, 38%, 5 %, 5%.

Une comparaison plus fine des coûts entre les mineurs chinois et américains a également été réalisée. Il en ressort que le coût du matériel de minage est prépondérant chez les mineurs américains. En effet, l’investissement représente environ 56 % des coûts totaux de minage. En Chine, il n’est que de 31 %. L’étude montre donc que l’approvisionnement de matériels spécifiques pour le minage est moins cher en Chine. La Chine a su développer un système de production important qui permet de bénéficier d’approvisionnement moins cher et plus rapide. Un autre chiffre qui ne trompe pas est celui des ventes d’ASICs dans le monde. Environ 52 % de ces circuits intégrés partent en Chine en direction de mineurs chinois.

Environ 23 % des mineurs perçoivent des aides gouvernementales qui leur permettent de gagner en rentabilité. Ces aides prennent la forme de tarifs d’électricité spéciaux par exemple. Parmi les mineurs qui reçoivent ce type d’aide, 38 % sont situés en Chine, 19 % au Kazakhstan et 12 % au Canada.

D’autres informations sur l’industrie du minage

L’étude estime qu’environ 39 % des activités de minage sont effectuées avec de l’énergie d’origine renouvelable. Parmi le mix énergétique vert utilisé, l’énergie hydraulique est, de loin, la plus utilisée. Ce chiffre est à relativiser dans le sens où il ne correspond pas à une moyenne. Dans certains cas, comme en Chine, l’énergie hydraulique est uniquement utilisée pour le minage en saison de pluie. En saison sèche, le coût étant moins avantageux, les mineurs se tournent davantage vers le charbon.

Les cryptos les plus minées dépendent des régions. Pour autant, de grandes tendances se dégagent. Ainsi, sans surprise, le Bitcoin reste le maître incontestable et incontesté du minage de crypto. C’est le cas quelle que soit la région du monde considérée. En général, l’Ethereum, le Bitcoin Cash et le Litecoin complètent ce classement. Une petite différence est à noter en Europe où la troisième crypto la plus minée (après le Bitcoin et le Litecoin) est le ZCash (ZEC).

La communauté d’utilisateurs crypto

Quelques chiffres

Un record en nombre d’utilisateurs cryptos a été atteint au troisième trimestre 2020. Plus de 101 millions d’utilisateurs (uniques) ont été répertoriés. En tout, plus de 191 millions de comptes sont actuellement ouverts. Il s’agit d’un bon considérable. Par exemple, en 2018, on ne comptait que 35 millions d’utilisateurs crypto pour 139 millions de comptes. Si on remonte encore dans le temps, en 2016, il n’y avait que 5 millions d’utilisateurs et 45 millions comptes.

Le Bitcoin reste de loin la cryptomonnaie la plus utilisée et la plus accessible. Toutefois, son accessibilité a quelque peu diminué avec le temps. Le Bitcoin était accessible chez 98 % des fournisseurs en 2017 et 93 % en 2018. En 2020, ce chiffre est passé à 90 %. Derrière le Bitcoin, l’Ethereum est la deuxième crypto la plus utilisée. L’Ethereum est accessible auprès de 74 % des fournisseurs (contre 33 % en 2017). Le Litecoin (55 %), le Bitcoin Cash (51 %) et le Ripple (47 %), quant à eux, sont accessibles auprès de la moitié des fournisseurs environ. Une percée sensible est réalisée par le Zcash et le Monero qui deviennent accessibles respectivement auprès de 24 % et de 17 % des fournisseurs.

Les transactions réalisées sur les exchanges

L’étude détaille également le type de transactions effectuées sur les exchanges suivant les régions. Cette donnée est importante car elle permet de comprendre l’intention des investisseurs. Les résultats sont les suivants :

Pourcentage des transactions réalisées entre cryptosPourcentage des transactions réalisées entre monnaie fiat et cryptosPourcentage des transactions réalisées entre monnaies fiat
Asie-Pacifique41 %54 %5 %
Europe 19 %74 %7 %
Amérique du Sud et Caraïbes35 %65 %0 %
Moyen-Orient et Afrique13 %62 %25 %
Amérique du Nord14 %83 %3 %

Ces chiffres montrent qu’encore une majorité d’investisseurs utilisent la crypto comme une passerelle et reconvertissent leurs fonds en monnaie fiat.

Régulation et standards utilisés dans l’industrie crypto

Environ 40 % des entreprises sondées pour réaliser l’étude sont licenciées ou en chemin pour obtenir leur licence. La plupart de ces entreprises sont implantées en Europe. Pour autant, cela ne signifie pas que plus de la moitié des entreprises travaillent illégalement. Les 60 % restants conduisent des activités qui ne sont pas encore régulées. Elles ne nécessitent donc pas l’obtention d’une licence. Certaines entreprises sont également implantées dans des zones blanches en matière de régulation de la cryptomonnaie. D’après l’étude, on estime que seulement 1,1 % du volume des transactions totales résulterait d’activités illégales. Ce chiffre permet de démontrer que le domaine de la crypto continue sans cesse à se renforcer.

La plupart des fournisseurs de service en Europe et en Amérique du Nord souscrivent aux KYC et AML. Il s’agit de deux normes importantes issues du monde la banque et de l’assurance. KYC est l’acronyme de « Know Your Customer ». Il s’agit d’une norme qui vise à s’assurer de l’identité réelle des utilisateurs et des clients.

L’autre norme, AML, signifie « Anti-Money Laundering ». L’application de cette norme s’intéresse aux mouvements financiers et a pour but de lutter contre le blanchissement d’argent. Entre 2018 et 2020, le nombre d’entreprises qui n’a pas lancé de vérification KYC sur ses clients a fortement diminué, passant de 48 % à 13 %. Ce chiffre témoigne donc de l’harmonisation des standards qui permet une application plus rigoureuse des normes de protection.

Les pratiques de l’industrie crypto pour la protection des fonds

L’enquête conclut que la majorité des fournisseurs de service (90 %) ont recours à des cold storage pour stocker leurs fonds. Par ailleurs, de plus en plus d’entreprises investissent massivement pour augmenter le niveau de protection de leurs biens et des données. Cette volonté répond à une envolée des piratages constatés en 2018. Cette année-là, les piratages ont, en effet, atteint un triste record, avec un préjudice total estimé à 900 millions de dollars américains. Depuis 2019, les chiffres liés au piratage sont meilleurs. Pour autant, la sécurité reste un enjeu majeur pour les entreprises crypto puisque les voleurs adaptent toujours mieux leurs méthodes.

Par contre, force est de constater que beaucoup d’entreprises ne sont pas dotées d’assurances adéquates pour protéger leur argent. En effet, environ 46 % des fournisseurs de service ont confessé ne pas avoir souscrit d’assurance contre le risque de piratage. Pour les entreprises qui sont assurées, elles le sont principalement contre les cybercrimes, les erreurs professionnelles, la perte ou le vol de clés privées.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page