Economie

Les intérimaires font leur retour en entreprises

« Ce mouvement de balancier de l’emploi intérimaire est principalement influencé par la situation dans le bâtiment » (Agence de Châteaubriant).

Après en avoir été chassés par la crise sanitaire, les intérimaires continuent à faire leur retour dans les entreprises. Selon les données publiées le vendredi 9 octobre par la Dares, le département de statistiques du ministère du travail, on comptait à la fin du mois d’août 685 893 intérimaires en France, contre 363 452 en avril, au plus fort de la crise.

Certes, le total du mois de février (796 025) est encore loin, mais la dynamique de l’intérim est si bonne qu’elle devrait largement impacter les prochains chiffres de l’emploi salarié. Ainsi, l’Insee indiquait dans sa note de conjoncture du 6 octobre que le rebond attendu de l’emploi salarié au troisième trimestre (+163 000) « serait notamment le fait de l’emploi intérimaire. Les données mensuelles montrent que la hausse de l’emploi intérimaire, entamée dès le mois de mai, s’est poursuivie à un rythme soutenu en juillet et en août ».

Cet impact sur les chiffres de l’emploi salarié n’est pas une nouveauté. Depuis le début de la crise, l’emploi intérimaire joue un rôle crucial. Le bilan catastrophique du 1er trimestre (-2 %, soit -499 700 emplois) avait été plombé par la forte contraction de l’emploi intérimaire, qui représentait à lui seul 63 % des destructions d’emplois (-318 600 emplois). Idem, au 2e trimestre où l’emploi salarié avait un peu mieux résisté (-0,9 %, soit -215 200 emplois), avant tout grâce à la reprise des embauches d’intérimaires (+108 100 emplois).

Rebond dans la construction

Ce mouvement de balancier de l’emploi intérimaire est principalement influencé par la situation dans le bâtiment. Après avoir vu son nombre d’intérimaires tomber au plus bas (26 000 en avril, contre 164 000 en février, soit une baisse de 83 %), le secteur de la construction a en effet regagné 105 000 intérimaires entre avril et fin juillet, contre un gain de 97 000 intérimaires dans le tertiaire et 67 000 dans l’industrie, deux secteurs en proportion moins touchés par la chute de l’intérim entre février et avril (avec respectivement des baisses de -42 % et -51 %).

L’intérim est certes traditionnellement la première variable d’ajustement des entreprises en matière d’emploi. Mais l’économie reste fortement soutenue par les pouvoirs publics, notamment via le chômage partiel, ce qui a pour le moment empêché que les destructions d’emplois soient encore plus massives.

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Les aides mises en place n’étant pas éternelles, l’Insee prévoit toutefois une nouvelle chute de l’emploi salarié au quatrième trimestre (-176 000). Signe que l’économie française est loin d’être sortie du marasme.

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