Economie

« La crise sanitaire a détruit le fragile édifice de l’économie du football »

Au centre, Jaume Roures, PDG de Mediapro, sur le plateau de Telefoot, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le 18 août.

Pertes & profits. James Bond n’est pas le seul à faire attendre ses fans faute de spectateurs. Kylian Mbappé, la star du PSG, et tous ses amis de la Ligue 1 de football, aimeraient bien, eux aussi, renouer avec des stades bondés et des audiences télévisées record.

La crise sanitaire a détruit le fragile édifice de l’économie footballistique. Dernier épisode, l’annonce par Jaume Roures, le PDG de Mediapro, de son intention de renégocier le prix des droits TV du championnat français. Il devait payer, le 6 octobre, 172 millions d’euros à la Ligue de football professionnelle (LFP). Il n’en sera rien. Dans un entretien à L’Equipe, jeudi 8 octobre, il ne demande même pas un délai supplémentaire pour verser son obole, mais une révision à la baisse du prix.

Lire aussi Football : Mediapro veut « renégocier le prix » des droits télévisuels pour la Ligue 1 et la Ligue 2

Un coup de tonnerre sur la planète foot, puisque l’homme d’affaires catalan avait créé la surprise, en France, en 2018, en faisant considérablement monter les enchères lors de la négociation des droits télévisés des quatre prochaines saisons. Il doit payer plus de 800 millions d’euros pour la diffusion des principaux matchs de la saison 2020-2021. « On ne remet pas en cause le contrat, mais on remet en cause la situation actuelle », affirme-t-il. Comme LVMH, qui, soudain, ne veut plus acheter Tiffany, car la crise a fait chuter sa valeur, Jaume Roures constate que le prix du spectacle n’est plus le même.

De fait, le confinement, qui a contraint à terminer prématurément la saison 2019-2020, puis la deuxième vague qui déferle aujourd’hui, rend le produit télévisé moins attrayant. Il reconnaît d’ailleurs que sa nouvelle chaîne, Telefoot, destinée à diffuser les matchs, ne remporte qu’un succès « tiède » en matière d’abonnement.

Canal+ tient sa revanche

Pour les mêmes raisons, les clubs français ont absolument besoin d’argent frais. La crise économique a atteint leurs trois sources principales de revenus. La billetterie fonctionne mal avec des stades à moitié vides, ce qui a un impact sur les audiences télévisées et leurs juteux droits TV, et pousse à la baisse le prix des joueurs et donc leur commerce, qui, pour certains clubs, comme Lille ou Lyon, est essentiel dans leur modèle économique.

Les clubs ont obtenu, en mai, par l’intermédiaire de leur ligue, un prêt garanti par l’Etat. Un premier versement par Mediapro de 172 millions d’euros, en août, leur a redonné un peu d’oxygène. Mais celui d’octobre, attendu avec impatience, risque de se faire attendre longtemps.

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