Economie

la CGT lance une action de groupe contre la Caisse d’épargne Ile-de-France

« C’est la première fois que cette procédure est utilisée au motif de la discrimination de genre dans une entreprise privée » (Immeuble Caisse d'Epargne à l'angle des rues Olivier-Messiaen et Neuve-Tolbiac, à Paris).

Un an après avoir mis en demeure la Caisse d’épargne Ile-de-France (CEIDF), la CGT a officiellement assigné en justice la société pour discrimination envers les femmes dans le cadre d’une action de groupe.

C’est la première fois que cette procédure est utilisée au motif de la discrimination de genre dans une entreprise privée. La loi de 2016 pour la modernisation de la justice permet aux syndicats de mener une action de groupe en cas de présomption de discrimination au travail. A cette occasion, la CGT a organisé une conférence de presse au siège de l’établissement, le 7 octobre.

Caractère systémique

Selon le délégué syndical central CGT à la CEIDF Bernard Dantec, la discrimination envers les salariées de la Caisse d’épargne Ile-de-France revêt un caractère systémique, ce qui justifie l’action de groupe : « La maternité et le temps partiel sont clairement des freins à la carrière des femmes, dénonce le syndicaliste. Chez nous, une femme qui a un enfant aura trois ans de retard sur sa carrière. Il n’y a que 25 % de femmes cadres supérieures ». L’entreprise compte 2 700 salariées sur quelque 4 700 collaborateurs.

Afin d’établir ces données, le syndicat, aidé par un collectif de quatre cabinets d’avocats, s’est appuyé sur les bilans sociaux de l’entreprise et des rapports de situation comparée. « On estime qu’il y a en moyenne 700 euros de différence mensuelle de salaire entre les hommes et les femmes qui travaillent dans l’entreprise, renchérit Bernard Dantec. Moi-même, j’ai appris que je gagnais 300 euros de plus que ma collègue standardiste. Pourtant, on exerce le même métier et on a la même ancienneté ! »

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Huit témoignages de salariées s’estimant victimes de discrimination figurent également au dossier. « A l’échelle de l’entreprise, on voit les même schémas qui reviennent, affirme Me Clara Gandin, une des avocates de la CGT. On a, par exemple, le dossier d’une femme non cadre à temps partiel, qui n’a pas vu sa carrière et sa rémunération bouger depuis quinze ans. Ce problème concerne l’ensemble des salariés à temps partiel ; or la quasi-totalité d’entre eux sont des femmes. »

La CEIDF réfute en bloc ces accusations et met en avant le renouvellement de son label égalité Afnor, obtenu le 8 octobre. « A poste, ancienneté et compétences égaux, on est en moyenne à moins de 1 % d’écart en termes d’égalité salariale », affirme Christine Bouvier. Pour justifier les éventuelles inégalités de traitement, la directrice des ressources humaines de la CEIDF met en avant le critère de la compétence. « Moi-même je suis une femme avec enfants, j’ai démarré à l’accueil et j’ai pu accéder à des postes de directrice d’agence, de groupe et maintenant de DRH, en étant soutenue et formée par mon entreprise. »

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