Economie

A côté de Berlin, des militants écologistes veulent stopper le chantier de la Gigafactory de Tesla

Manifestation près du chantier de la Gigafactory de Grünheide (Allemagne), le 2 septembre 2020.

Elon Musk est un homme pressé. Moins d’un an après qu’il a annoncé le choix du site européen de la future Gigafactory de Tesla à Grünheide, à côté de Berlin, dans le Land du Brandebourg, le gigantesque chantier avance à une allure à laquelle on est peu habitué dans la région. Celui de l’aéroport international de Berlin Brandebourg, démarré en 2006, affiche actuellement… dix ans de retard sur l’ouverture initialement prévue.

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Pas de quoi troubler l’optimisme de M. Musk. Lors de sa visite sur le site, début septembre, l’entrepreneur avait lancé : « Deutschland rocks ! » (« L’Allemagne déchire ! »), à la foule des curieux. Il s’est montré confiant sur l’ouverture de son usine dès l’été 2021, qui devrait produire dans un premier temps un demi-million de « voitures cool », ainsi que des batteries. En Brandenburg, on ose encore à peine y croire.

Forêt, lézards et couleuvres

Dans une région de l’Est plutôt rurale et peu industrialisée, ce signe du ciel est inespéré. Trente ans après la réunification, l’industriel le plus charismatique de la planète a jeté son dévolu sur la région pour y implanter son usine automobile dernier cri. Jusqu’à 40 000 personnes pourraient y trouver un emploi à terme.

Un mois plus tard, l’euphorie est quelque peu retombée. Depuis le 23 septembre, des citoyens en colère et des militants écologistes font face à la direction de Tesla. Leur but : stopper la construction. Ils s’inquiètent pour la forêt du Brandebourg, pour l’eau dans une région sujette à la sécheresse, pour la protection des lézards et des couleuvres. Tesla, pour aller plus vite, travaille pour l’instant avec des autorisations provisoires des autorités, et prend sur elle le risque de poursuivre la construction.

Pour sauver le climat, faut-il inventer de nouvelles technologies pauvres en carbone, et sacrifier pour cela quelques hectares de forêt ?

La méthode passe mal. Face aux centaines d’objections déposées, la procédure de discussion publique vient d’être prolongée, et la tension monte. Arrivera-t-on à un accord ? Le président de la région, Dietmar Woidke, s’efforce de rassurer la presse économique sur l’issue positive des discussions. Les termes du débat dépassent largement le Brandebourg : pour sauver le climat, faut-il inventer de nouvelles technologies pauvres en carbone, et sacrifier pour cela quelques hectares de forêt, ou au contraire contrer les ambitions de l’industrie, jamais si vertueuse qu’elle le prétend, et protéger les espaces naturels ?

Elon Musk appartient évidemment à la première catégorie, même s’il s’est dit ouvert aux discussions. Il est persuadé que les technologies développées par Tesla contribueront à sauver le climat qui « n’attend pas ». Et il s’étonne qu’en Allemagne, les procédures prennent autant de temps.

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Mais il y a le temps du climat (et de l’entreprise), et celui de la démocratie. C’est en substance le message qu’Angela Merkel a semblé adresser au bouillonnant Musk dans une interview au réseau de presse RND le 3 octobre, jour anniversaire de la réunification. « Les protestations et objections appartiennent à l’essence de la démocratie, » a déclaré l’impassible chancelière, qui a fait de la patience une de ses armes politiques.


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