Economie

Cinéma : SOS blockbusters

L’acteur Daniel Craig est james Bond dans le fim « Mourir peut attendre », dont la sortie a été reporté à avril 2021.

Les salles de cinéma du monde entier dépérissent, s’étiolent, se désespèrent chaque jour davantage en voyant les studios hollywoodiens reporter la sortie de leurs très gros films. Ceux précisément qui doivent enfin apporter un peu d’oxygène aux exploitants. Depuis le début de la pandémie de Covid-19, deux logiques s’affrontent.

D’un côté, les mastodontes comme Disney, Warner Bros, Universal, Sony, Paramount ou Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) retiennent les blockbusters dans lesquels ils ont investi des centaines de millions de dollars. Seule une énorme sortie orchestrée au niveau mondial peut, selon eux, permettre de les rentabiliser.

De l’autre, les salles n’arrivent pas à sortir la tête hors de l’eau en proposant uniquement des longs-métrages nationaux, européens ou de patrimoine (film dont la première date de sortie en salle est antérieure à dix ans). Les gros films américains capables de drainer des millions de spectateurs leur font cruellement défaut.

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Ces derniers jours se sont révélés particulièrement rudes en déceptions. Warner Bros et Legendary Pictures ont annoncé, mardi 6 octobre, que Dune, de Denis Villeneuve, adapté du classique de Frank Herbert, ne sortira pas le 18 décembre mais le 1er octobre 2021 aux Etats-Unis. Mourir peut attendre, le 25e opus des James Bond, a été une nouvelle fois reporté, au 2 avril 2021, dans l’espoir d’une sortie mondiale.

Les fans devront encore patienter pour voir Daniel Craig, retraité des services secrets, couler provisoirement des jours heureux en Jamaïque. MGM, Universal et les producteurs de Bond, Michael G. Wilson et Barbara Broccoli, n’ont pas voulu prendre de risque. « Avec la reprise de la pandémie, la crainte de reconfinements, le nombre de salles fermées dans le monde, la nervosité est très forte, l’incertitude folle. Une sortie aussi importante que celle de James Bond, avec un objectif de 700 millions à 1 milliard de dollars [595 millions à 850 millions d’euros] de recettes était intenable », assure Xavier Albert, directeur général d’Universal Pictures International France. Ce décalage des aventures de 007 a précipité, dès le 5 octobre, la fermeture provisoire de 536 cinémas américains et 127 britanniques de la chaîne Cineworld, affectant au total 45 000 salariés.

« Il n’y a pas d’autre choix que d’attendre »

Laura Houlgatte, PDG de l’Union internationale des cinémas (UNIC), qui regroupe les exploitants européens, se désole qu’« il ne reste désormais plus qu’un seul très gros film de Warner Bros, Wonder Woman 1984, de Patty Jenkins, encore calé avant la fin de l’année, le 30 décembre ». Sera-t-il aussi reporté ?

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