Economie

comment « déterminer maintenant les “bons” projets de long terme ? »

Tribune. Parmi les multiples critiques entendues sur le plan de relance du gouvernement figure un dilemme classique : faut-il une dépense publique qui frappe vite et fort, surtout aujourd’hui où il importe que le moteur ne cale pas au sortir des mesures budgétaires du printemps ? Ou bien faut-il une dépense qui donne toutes ses chances au futur ? Frapper vite pousse à une injection de revenus de transferts, telle une baisse de la TVA ; viser loin suppose des investissements publics, mais qui ne se mettront en branle qu’avec délais et souvent à contretemps.

Pour atténuer cette contrainte de calendrier, est-il possible de déterminer maintenant quels seraient des « bons » projets de long terme « prêts à la pioche », c’est-à-dire prêts à être lancés au moment opportun ?

Une solution pourrait être de séparer clairement le temps des décisions et des études techniques du temps de la réalisation physique. L’Etat et les grandes collectivités locales lanceraient concrètement les études de faisabilité des projets, aplaniraient les contraintes financières et juridiques, les classeraient par ordre de priorité, pour ensuite… les garder sous le coude. Ceci dans l’attente du moment conjoncturel propice.

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On assumerait délibérément les coûts préparatoires des projets, sans avoir fixé la date où la pelleteuse va démarrer. Ces coûts sont estimés entre 5 % et 7 % pour les projets d’infrastructure classiques, beaucoup plus pour les projets industriels, tels le plan hydrogène ou le plan transport ferroviaire que prévoit le plan de relance.

Aux Etats-Unis en 1927

L’idée n’est pas neuve. On en trouve des premières expressions aux Etats-Unis dans un discours du président Coolidge en 1927. Le très important programme autoroutier américain lancé sous la présidence d’Eisenhower (1953-1961) a duré treize ans. Avec près de 70 000 km, il restera pendant longtemps le plus grand projet d’infrastructure de l’histoire du pays.

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On y avait introduit dès l’origine l’idée d’un cadencement selon les besoins contracycliques de l’économie (investir pendant les récessions), par définition inconnus au moment de la décision. L’idée avait aussi été poussée par le président Obama : il la reliait à un projet de grande banque publique d’investissement, qui n’a finalement pas vu le jour.

Mais nous avons en France la Banque publique d’investissement (BPI) et, en Europe, la Banque européenne d’investissement (BEI). Il s’agirait ici, dans le langage des économistes, de mettre en place un autre type de « stabilisateur automatique », dévolu à l’investissement public plutôt qu’à la distribution de revenus de transferts.

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