Economie

A Londres, la City, ville déserte

Un homme dans le quartier financier de la City, à Londres, le 23 septembre.

Kym’s ne rouvrira pas. Après de longs mois d’hésitations, le restaurant chinois haut de gamme, situé au cœur de la City, à Londres, a annoncé officiellement, le 25 septembre, sa décision de fermer définitivement ses portes.

A la sortie du confinement, début juillet, il n’avait pas repris du service, attendant la rentrée, avec l’espoir que les salariés reviennent au bureau. Cela ne s’est jamais concrétisé. Et quand le premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé, le 22 septembre, qu’il recommandait de nouveau le télétravail pour au moins six mois, un retour rapide à la normale est devenu impossible. Aujourd’hui, son splendide décor est recouvert d’une fine couche de poussière et ses plantes vertes se dessèchent.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Covid-19 : au Royaume-Uni, Boris Johnson annonce un couvre-feu pour les pubs et recommande le télétravail

Dans le restaurant voisin, ouvert mais déserté, Piers Benbow termine seul une salade, en pianotant sur son téléphone. « Je n’ai jamais vu le quartier aussi calme, explique le chasseur de tête, spécialisé dans la banque d’investissement. Les gens ne sont pas vraiment revenus après le confinement. J’ai des clients dans la gestion d’actifs qui doivent même demander l’autorisation s’ils veulent se rendre au bureau. » Lui qui dirige une petite société de dix employés préfère être présent dans ses locaux plusieurs jours par semaine, estimant « qu’on ne fait rien vraiment bien en travaillant de chez soi ». Il est pourtant bien seul à être de retour.

« C’est un moment pivot »

Sept mois après le début du confinement, la City reste une ville endormie. Les rues donnent une impression de dimanche matin, avec quelques passants isolés. Les grandes tours de verre laissent apercevoir des rangées d’ordinateurs vides. Seuls les grands travaux continuent comme avant, plusieurs gratte-ciel étant en train de voir le jour, comme des monuments dédiés à une époque révolue.

Le cœur de Londres est une exception en Europe. Seuls 40 % de ses employés de bureau sont de retour, contre 86 % en Ile-de-France, 68 % à Madrid, 72 % à Francfort et 80 % à Milan, selon une étude publiée, le 30 septembre, par Morgan Stanley. Les Londoniens semblent y prendre goût : 78 % des employés de bureau déclarent vouloir travailler plus souvent chez eux à l’avenir, un record en Europe (à égalité avec les Parisiens).

Article réservé à nos abonnés Lire aussi A Londres, la City transformée en quartier fantôme

Catherine McGuinness, patronne de la corporation de la City, pense que la pandémie va marquer un tournant à long terme. « C’est un moment pivot. Les bureaux ne vont pas disparaître, mais les gens vont les utiliser de façon différente. »

Il vous reste 56.62% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page