Economie

Pas de retour à la normale sur le marché des cosmétiques avant 2022

A Paris, faute de touristes, les ventes de cosmétiques sont en recul de 38 %. Ici, la boutique Sephora des Champs-Elysées.

Ariane de Rothschild relance Caron, avec un nouveau parfum pour hommes, Aimez moi comme je suis. Lady Gaga vante le dernier jus de Valentino, Voce Viva, imaginé par les équipes de L’Oréal. Le groupe français lance aussi My Way, un parfum féminin, sous la marque Armani et Nova, déclinaison d’Angel, chez Mugler. Eugène Perma dévoile sa nouvelle marque de soins capillaires…

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En dépit de la crise qui balaie le secteur, depuis le début de la pandémie due au Covid-19, certains industriels continuent d’innover et de dépenser lourd en marketing. « L’Oréal a fait le choix de ne pas débrancher la prise. Au contraire », souligne Nicolas Hieronimus, directeur général adjoint chargé des divisions de L’Oréal. Le groupe enchaîne les lancements. Caron a également maintenu son plan de bataille, deux ans après son rachat par la holding de la famille Rothschild pour 28 millions d’euros. « Mieux valait dès maintenant faire l’apprentissage des nouvelles règles du marché », estime Mme de Rotshschild.

L’industrie française de la cosmétique, dont le poids est estimé à 40 milliards d’euros, a perdu 10 % d’activité au premier semestre

Toutefois, alors que la fréquentation en magasins patine, beaucoup d’industriels ont renoncé à lancer des nouveautés. Seuls 300 nouveaux parfums sont apparus en France, à fin août, contre 400 habituellement, selon le cabinet d’études de marché NPD. Hermès dit ainsi avoir décalé « certains lancements de quelques mois ». L’espagnol Puig aussi. Le groupe qui détient Paco Rabanne et Jean Paul Gaultier reporte la sortie d’une nouvelle fragrance masculine à 2021.

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Car les vents sont mauvais. L’industrie française de la cosmétique, dont le poids est estimé à 40 milliards d’euros, a perdu 10 % d’activité au premier semestre, d’après une étude d’Asterès dévoilée par la Fédération des entreprises de produits de beauté (Febea), mardi 6 octobre. L’année 2021 sera aussi « tendue », reconnaît Patrick O’Quin, président de la Febea : « Le retour à la normale n’interviendra pas avant 2022. » « Le marché n’a plus rien à voir avec ce qu’il était », confirme Quentin Reygrobellet, président de Blissim, spécialiste de la vente en ligne de produits de beauté.

Les ventes de parfums et de déodorants sont en recul de 10 %

Depuis le début de l’épidémie de coronavirus, nos habitudes ont changé dans la salle de bains, observe Orlane Thiveux, consultante chez Nielsen. Les ventes de parfums et de déodorants sont en recul de 10 %, selon NPD et Nielsen. A quoi bon se parfumer ou lutter contre les odeurs de transpiration, quand on ne se rend plus au bureau ou qu’on ne sort plus ? Et pourquoi se raser la barbe ? « L’usage du rasoir est moins fréquent », note Mme Thiveux, en évoquant des « ventes de lames en retrait de 5 % depuis mi-mai ». Le port du masque complique aussi le maquillage. Ce segment est en recul de 24 %, à fin août. Les ventes de rouges à lèvres ont plongé de 33 % depuis le début de l’année.

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