Economie

« Ce n’est pas Bernard Arnault qui décidera, c’est moi »

Claude Perdriel, à Paris, le 4 novembre 2015.

« Comme vous l’avez remarqué, je ne suis plus de la première jeunesse… » Après avoir vendu Le Nouveau Magazine littéraire à Lire en mai, puis avoir fusionné La Recherche et Sciences et Avenir en juillet, Claude Perdriel s’apprête à accueillir Bernard Arnault au capital du groupe Challenges – que rejoindront bientôt les titres Histoire et Historia, actuellement inclus dans Sophia Publications. « Il est logique que je cherche à ce que les journaux de mon groupe ne s’arrêtent pas après mon départ, et continuent de vivre », justifie-t-il dans un sourire perceptible sous son masque bleu assorti à ses yeux, son pull et la moquette de son bureau. Le fondateur du Matin de Paris et du Nouvel Observateur aura 94 ans le 25 octobre.

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Lui, qui passe encore « la moitié de son temps à s’occuper de ses magazines », ne laissera pourtant pas dire qu’il est en train de remettre son groupe dans les mains de l’empereur du luxe. « Je n’ai rien vendu du tout ! J’ai assuré l’avenir indépendant de Challenges. LVMH ne va pas racheter 40 % du groupe, mais participer à une augmentation de capital. Ce n’est pas pareil », argue-t-il. Une lettre d’intention entre les parties est actuellement en préparation, M. Perdriel souhaitant attendre 2021 pour concrétiser l’accord.

Suppléer le propriétaire

Si LVMH n’aurait pas d’option d’achat particulière sur le reste du petit groupe de presse, l’idée est bien que le géant du luxe puisse, en cas de besoin, suppléer son propriétaire. Sa femme, Bénédicte, présidente du conseil de surveillance de SFA (la société de Sanibroyeur qui a fait la fortune du nonagénaire), qui possède le groupe Challenges, est censée récupérer 60 % du capital avec ses deux enfants – les 40 % restants étant dévolus aux quatre autres enfants de Claude Perdriel.

C’est Claude Perdriel lui-même qui est allé démarcher Bernard Arnault, qu’il voit régulièrement

Même si « elle est tout à fait passionnée », cette femme de 49 ans n’a jamais eu de fonctions effectives dans l’entreprise, et n’a pas « envie de diriger », explique son époux. Quant à ses enfants, âgés de 23 à 36 ans, aucun n’aurait contracté le virus de la presse de leur père qui, à rebours des grands patrons français, se félicite de cette situation. « Pour être honnête, je ne suis pas pour, avoue-t-il. Un média, ce n’est pas un support comme un autre. Cela ne peut pas être dirigé par quelqu’un qui n’a pas vécu avec la communauté. »

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