Economie

Le patron de Saur juge plutôt positive l’OPA de Veolia sur Suez

Saur compte près de 12 000 salariés, pour un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros.

Dans la guerre qui oppose encore Veolia et Suez, un troisième groupe observe de près la situation : Saur, numéro trois français du secteur de l’eau avec près de 12 000 salariés et 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, loin derrière les deux géants. « Nous n’avons aucune inquiétude face à cette opération. Le groupe a une feuille de route précise, approuvée par les salariés, qui ont un représentant au conseil d’administration », explique son président exécutif, Patrick Blethon, qui est aussi conseiller de Vichy Communauté, chargé du développement économique.

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« Saur a traversé des épreuves », rappelle-t-il, en évoquant la valse des actionnaires, des banques et des fonds, depuis la cession de cette activité par Bouygues entre 2004 et 2006 jusqu’à l’arrivée en 2018 du suédois EQT, le fonds d’investissement créé par la famille Wallenberg. « La société existe depuis 90 ans. Elle a un investisseur solide, et elle est entrée dans une phase de stabilité et de croissance depuis deux ans », assure son patron, avec pour objectif de réaliser 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dès 2022.

Pour avoir travaillé vingt ans chez le géant américain United Technologies, dans sa branche ascenseurs Otis, M. Blethon comprend la démarche d’Antoine Frérot, le PDG de Veolia, de créer un « champion », sans souscrire à l’argument d’une menace chinoise imminente. « Son opération a été bien préparée, alors qu’il y a eu beaucoup de surprises chez Suez face à une offensive dont on parlait pourtant depuis dix ans, analyse-t-il. Sa vision est bonne, et il a des arguments solides en termes industriels. Les grandes fusions peuvent créer de la valeur, et il y a toujours de bonnes raisons pour construire des groupes puissants quand les enjeux portent sur l’innovation, l’amélioration des réseaux, la transformation digitale, l’ouverture aux clients industriels. »

Le succès de ce « grand champion », dit-il, « se mesurera à sa croissance à l’étranger, notamment en Asie, sa capacité à innover, à préserver la ressource et à investir dans des pays où il y a des besoins ». La taille favorise les investissements dans les réseaux d’eau. Faute d’en disposer, des fonds d’investissement comme EQT, Ardian, le « chevalier blanc » de Suez, ou Meridiam, le repreneur de Suez Eau France en cas de succès de l’OPA de Veolia, ont toute leur place dans ce secteur des infrastructures et des services, assure-t-il. « Des investissements importants sont nécessaires », poursuit-il. Le plan de relance n’a prévu que 200 millions d’euros, alors que la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau estime que les 6,5 milliards investis chaque année doivent être portés à 10 milliards.

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