Economie

« La revitalisation économique de l’ensemble du territoire est-allemand »

Tribune. Trente ans après, le bilan économique contrasté de la réunification continue à nourrir l’amertume de nombre d’Allemands de l’Est, mécontents de la désindustrialisation galopante qui s’est imposée à leur pays après 1990. Sensible dans les urnes, leur insatisfaction face aux mesures d’aide jugées inaptes à ajuster leurs modes de vie, voile pourtant à quel point le virage économique adopté depuis le milieu des années 1990 est aussi une success story sans équivalent, ce qui explique pourquoi 72 % des Allemands, dans leur ensemble, jugent désormais la réunification réussie.

En juillet 1990, l’union économique et monétaire, censée mettre fin à l’émigration continue des Allemands de l’Est vers l’Ouest, entame une thérapie de choc pour l’économie des Landers de l’Est, dont les carences structurelles apparaissent au grand jour. Confrontées à la concurrence internationale, les grandes entreprises d’Etat (les Kombinate) ne peuvent qu’acter le manque de compétitivité de leurs produits et l’implosion de leurs exportations.

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Fruit de l’expérience désastreuse du collectivisme, l’effondrement économique révèle alors les déséquilibres majeurs entre les deux Allemagnes. Si le PIB par habitant avait été comparable avant la seconde guerre mondiale, en 1990 il est moitié moins élevé à l’Est qu’à l’Ouest… A la différence des cas polonais et tchèque, le renchérissement subit des salaires est-allemands ne peut plus suivre la faible productivité des Allemands de l’Est, estimée à un tiers de celle de leurs compatriotes de l’Ouest, ce qui range la RDA entre le Mexique et le Chili.

Trente ans après, le rattrapage est loin d’être achevé

Lorsque la Treuhand, l’organisme en charge de la restructuration des Kombinate, commence à privatiser de larges pans, délabrés, de l’économie est-allemande, elle entraîne celle-ci dans une crise d’adaptation majeure. En raison de la liquidation d’environ 3 700 entreprises, l’Allemagne de l’Est vit alors l’un de ses traumatismes majeurs, à savoir les licenciements en masse qui ont fait chuter sa population active de 9,7 millions en 1990 à 6,2 millions en 1993.

Trente ans après, force est de constater que le rattrapage est loin d’être achevé. Si la performance économique se situe encore tout au plus à 75 % de celle de l’Ouest, les raisons sont aussi à chercher en dehors de l’expérience communiste. En raison de l’occupation soviétique, la zone orientale souffrit d’abord de plus grands démontages industriels et de paiements de réparations entre 1945 et 1949.

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