Economie

Il ne faut « pas surestimer l’importance pour les marchés du choix du prochain président des Etats-Unis »

Donald Trump et Joe Biden lors du débat du 29 septembre.

Difficile, en tant qu’investisseur, de résister à la tentation de se poser la question de l’impact potentiel de l’élection présidentielle américaine du 3 novembre sur les marchés. Analyser tous les quatre ans, vers le mois d’octobre, les programmes économiques respectifs de deux candidats est un rituel bien installé dans les salles de marchés, afin de pouvoir se positionner rapidement après les élections en fonction du vainqueur désigné par les urnes. Cela pourrait être d’autant plus important cette fois que, économiquement, les programmes des deux candidats sont idéologiquement opposés.

Donald Trump propose une baisse accrue de la pression fiscale, qui bénéficierait beaucoup plus à certains secteurs qu’à d’autres, tandis que Joe Biden soutient une accélération des dépenses, elles-mêmes ciblées sectoriellement, financées par une augmentation de la pression fiscale.

Trump soutient ainsi le secteur pétrolier national, notamment l’industrie du gaz de schiste, tandis que Joe Biden annonce un virage marqué vers la transition énergétique s’il est élu.

Plus généralement, on pourrait considérer que Joe Biden souhaite la revanche de « Main Street » sur Wall Street, ou à tout le moins un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée en faveur des salaires, ce qui fait naturellement de lui, peut-être pas un croque-mitaine mais tout de même un candidat à risque pour la Bourse (risque d’effondrement nous dit Trump, bien sûr).

Exercice vain

Pourtant, l’expérience nous enseigne que cet exercice d’évaluation s’avère en général assez vain. Certes, chaque élection présidentielle est importante pour les citoyens, et celle-ci en particulier dans une Amérique extrêmement clivée. Mais les perspectives boursières qui leur font suite y sont en réalité assez peu sensibles. A titre d’exemple, sous l’ère Obama et sous l’ère Trump, les performances de l’indice actions S&P 500 ont été similaires (entre 12 % et 14 % annualisés), de même que celles du dollar (entre -0,7 % et +2,3 % pour un investisseur européen).

Economiquement, les programmes des deux candidats sont idéologiquement opposés

Les trois secteurs les plus performants pendant les années Obama ont été la consommation discrétionnaire, la technologie et la santé, tandis que sur les quatre dernières années, le trio gagnant a été… la technologie, la consommation discrétionnaire et la santé. Et pendant les deux mandats, pourtant très polarisés dans leurs politiques économiques, les mêmes secteurs, les banques et l’énergie, ont été les grands perdants. Enfin, faut-il le rappeler, les taux d’intérêt ont poursuivi leur décrue depuis trois décennies.

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