Economie

« Et si le Covid-19 nous permettait de passer du tourisme effréné au tourisme raisonné ? »

Sur la piazza San Marco, à Venise, en 2015.

Tribune. En septembre 2019, à Venise, la piazza San Marco était inondée de touristes, qui se pressaient devant la cathédrale pour prendre des selfies, acheter les mêmes souvenirs. Parfois certains jetaient leurs ordures dans les canaux. Des pigeons suralimentés s’attaquaient à la foule. Et comme chaque année, des milliers de Vénitiens avaient quitté la ville à la recherche d’opportunités que l’économie dominée par le tourisme ne leur offrait pas. Le gouvernement avait envisagé une « taxe de séjour » controversée – jusqu’à 10 euros par visiteur – pour tenter de limiter les dégâts.

En septembre 2020, la piazza San Marco est très différente. Les piétons restent à plusieurs mètres l’un de l’autre, les souvenirs en plastique ont été remplacés par des masques en tissu et les canaux sont étrangement propres. Les touristes sont partis. L’économie vénitienne, loin de s’être rétablie du Covid-19, s’effondre. Le maire Luigi Brugnaro, qui défendait la taxe de séjour, a confirmé le report de la mesure et a récemment regretté que « Venise soit à genoux ». L’absence des touristes est devenue aussi choquante que leur omniprésence.

Lire notre décryptage : Trois graphiques pour comprendre l’ampleur de la crise du tourisme à venir

En septembre 2021, à quoi ressemblera Venise ? Répondre à cette question pourrait donner un aperçu de la manière dont le secteur du tourisme évoluera à la sortie de la pandémie de Covid-19. Des plans ont été mis en place un peu partout dans le monde pour venir en aide à d’autres secteurs économiques : restaurants, production, salons de tatouage… Mais savoir comment favoriser la reprise du tourisme international, une industrie de plusieurs milliards de dollars, n’est pas une mince affaire.

Des recherches récentes effectuées au Massachussets Institute of Technology (MIT) nous inspirent à l’occasion de cette période transitoire, un nouveau modèle de tourisme, fondé sur des séjours plus longs et plus durables ; qui nous incite à réfléchir non plus seulement à la période à laquelle viennent les touristes, mais à la durée de leur séjour.

Pour limiter la propagation du Covid-19, la plupart des politiques gouvernementales se sont concentrées sur la réduction de la distance parcourue. Cependant, en analysant les données de la mobilité des personnes, notre groupe de recherche du MIT a découvert que la fréquence des déplacements – le nombre de déplacements réalisés par personne – est un facteur aussi important que la distance parcourue, dans la progression de l’épidémie.

Envisager des nouvelles mobilités internationales

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