Economie

Dans le cœur européen de la machine Hyundai

Une ligne d’assemblage d’Hyundai à Nosovice, en République tchèque, en octobre 2019.

Une morne plaine aux confins de la Moravie-Silésie ; des hectares de parkings ; de longs hangars bleus qui semblent refléter le ciel d’azur en cette fraîche matinée de septembre. Nous sommes invités par Hyundai à visiter Nosovice (prononcez « Nochovitsé »), obscure localité tchèque, qui a la particularité d’abriter l’une des plus grandes usines automobiles du pays : la Hyundai Motor Manufacturing Czech (HMMC). Dans le lointain, des monts se dressent, signalant les premiers contreforts des Carpates.

Ici, dans ce qu’on appelait autrefois « le cœur d’acier de la Tchécoslovaquie », bastion industriel d’un pays aujourd’hui disparu, la géographie se mêle à l’histoire : en à peine une heure de route on atteint, à l’ouest, les Sudètes, au nord, par-delà la frontière polonaise, Auschwitz.

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Mais à Nosovice, c’est plutôt très loin vers l’est que le regard se porte, à 8 000 kilomètres de là, en Corée du Sud. Et on scrute l’avenir plutôt que le passé. Le site Hyundai ultramoderne de 200 hectares n’existait pas il y a quinze ans. Il symbolise cette nouvelle Europe orientale, immense atelier automobile du Vieux Continent, où les usines de voitures ont fleuri depuis le début des années 2000 et l’élargissement de l’Union européenne (UE) à l’est.

Kia (filiale de Hyundai rachetée en 1998) a installé son usine à Zilina, en Slovaquie, à une centaine de kilomètres de Nosovice. Le géant sud-coréen, le groupe Hyundai-Kia – cinquième constructeur mondial avec 7,2 millions de voitures par an –, a choisi d’implanter entre République tchèque et Slovaquie, son réseau industriel et d’y édifier, avec près de 3 milliards d’euros d’investissements à la clé, la base de son développement en Europe.

Multitechnologie

Malgré la crise due au Covid-19, le succès est aujourd’hui au rendez-vous. Il se construit à bas bruit et sans grands effets de manche pour une griffe qui n’a pas encore une visibilité médiatique maximale.

En France, Hyundai est pourtant la marque généraliste qui a le mieux résisté à la chute des ventes en 2020. A fin septembre, alors que les grosses cylindrées (Renault, PSA, Groupe Volkswagen, Ford) rament autour des – 30 % d’immatriculations dans l’Hexagone depuis le début de l’année, Hyundai limite la casse avec – 12 %, – 14 % si on englobe Kia, selon les chiffres d’Autoways, société spécialisée dans le traitement des données du marché automobile. Le sud-coréen est au coude-à-coude avec Toyota (– 14 % aussi). Seuls Tesla (+ 1,2 %) et Porsche (– 6,3 %) font mieux, mais avec des volumes et un type de clientèle très différents.

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