Economie

A Plaine Commune, des artistes acteurs d’urbanité

Le 19 septembre 2020, sur une friche d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) appelée à devenir un îlot d’habitations, la metteuse en scène Sarah Harper organisait, avec et pour les riverains, une « balade artistique » agrémentée de saynètes et d’objets ludiques sur le thème de la « ferme d’antan ».

Parents avec leurs enfants, jeunes couples, « anciens » des quartiers Landi et Macreux d’Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis… ils sont venus nombreux, le 19 septembre, assister à l’événement « hors du temps et joyeux », disent-ils, organisé à l’occasion de la Journée du patrimoine sur la friche qui, longtemps interdite d’accès, scindait jusque-là leurs quartiers.

Déguisés en coqs, loups, renards ou fermiers d’autrefois, les jeunes, et même quelques adultes, marchent solennellement ou dansent entre des épouvantails colorés. Plus loin, d’autres mettent en scène la cérémonie du totem d’automne ; ailleurs des installations sonores expliquent les rituels agricoles d’antan. A la manœuvre, Sarah Harper, cofondatrice de Friches théâtre urbain. C’est elle qui a initié, avec les habitants, ce parcours qui permet de découvrir les traditions agricoles d’Aubervilliers, qui fut jusqu’au milieu du XIXe siècle un grand village maraîcher.

Sur ce lieu, baptisé Jardin NKA – mot issu du dialecte nigérian igbo, qui signifie « fabriquer, créer, inventer » –, la metteuse en scène orchestre depuis un an une aventure artistique singulière ; elle la qualifie de « projet de grand voisinage ». Sur cet hectare de fleurs et de graminées spontanées, appelé à devenir d’ici à deux ans un îlot d’habitations, elle propose divers ateliers : balades, observation de plantes, jardinage d’un potager collectif, jeu théâtral, reportage, fabrication de masques, de costumes, de totems, d’épouvantails et autres objets de la culture agraire… Ils ont permis aux riverains de créer ensemble, pour la journée du patrimoine, cette « balade artistique » agrémentée de saynètes et d’objets ludiques.

Faire vivre aux habitants une « expérience du lieu »

« Un espace comme cela, c’est juste un rêve, lâche Aïcha, venue avec son mari et leur fille. Les enfants prennent leur rôle à cœur, ils apprennent des tas de choses. » Sa voisine, Linda, est tout aussi enthousiaste : « Dans le futur projet, ils vont garder des espaces verts. Il est prévu de faire une coulée verte qui permettra de faire un lien entre les deux quartiers. » C’est précisément pour redonner vie à ce no man’s land qu’Aubervilliers et Plaine Commune ont fait appel à l’artiste. « Sarah Harper nous aide à engager une dynamique sur cet espace longtemps resté fermé, sans vie humaine, relève Valentine Roy, chargée de mission Culture à Plaine Commune. Elle favorise une appropriation par les riverains de ce site, qui va devenir pour partie un espace vert, de détente et de respiration. Au-delà de notre communication institutionnelle, il est important que les gens aient déjà une expérience vécue du lieu, qu’ils puissent se projeter et comprendre ce qui va s’y passer. »

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