Economie

Drone de surveillance domestique, sonnette connectée à la police… Quand les gadgets d’Amazon flirtent avec « Black Mirror »

En présentant un drone de surveillance domestique et un assistant personnel rotatif lors de sa conférence de presse annuelle jeudi 24 septembre, Amazon a atteint un sommet d’étrangeté : ces gadgets feraient bonne figure dans un film de science-fiction ou une série dystopique comme Black Mirror. Le géant du commerce électronique étant coutumier des innovations déconcertantes, nous avons retrouvé des objets qui nous ont interloqués depuis 2014, l’année où Amazon a décidé d’investir en masse dans l’électronique grand public.

Certains sont parfois considérés comme une menace pour la vie privée, d’autres ont été abandonnés faute d’utilité réelle, mais parmi ces curieux gadgets, un ou deux pourraient bien être en avance sur leur temps. Bien malin qui pourrait prédire lequel.

  • 2020 : un drone de surveillance domestique

Le Ring Always On Cam.

Les journalistes spécialisés en rient déjà. Annoncé jeudi et attendu pour 2021, ce drone est conçu pour parcourir la maison et la filmer, à la manière d’une caméra de surveillance, avant d’aller se recharger sur sa base. Espérons que les experts en reconnaissance d’image qui mettent au point ces logiciels le testeront dans quelques centaines de logements, afin d’écarter les nombreux scénarios d’accident possibles. Car il est tentant de laisser son imagination s’envoler : le drone pourrait-t-il de heurter des objets fragiles ? Saura-t-il éviter les enfants habillés en blanc passant devant un mur blanc ? Risque-t-il de s’échapper d’une fenêtre ouverte pour heurter un cycliste ? Un chat persan qui le prendrait en chasse risquerait-il de coincer ses poils dans ses rotors ?

  • 2020 : un « assistant personnel » motorisé

La tête nous en tourne. Cet « assistant personnel » pivote son écran quand on l’appelle, et suit son interlocuteur du regard avec sa caméra intégrée. Au fond, cela part d’une bonne intention : si l’on doit vraiment poser une question à un objet comme celui-ci, mieux vaudrait que son écran soit orienté vers nous pour voir les informations qu’il nous présente. Mais il faudra que les experts en sécurité d’Amazon fassent leur travail correctement en prévenant toute intrusion informatique. Au fil des années, plusieurs hackers ont dévoilé différentes faiblesses des enceintes d’Amazon. Deux chercheurs sont par exemple parvenus à exploiter une série de bugs pour écouter ses micros en 2018.

  • 2019 : une bague connectée

L’Echo Loop.

Elle a tout d’un gadget d’agent secret : cette grosse bague abrite deux micros, une batterie, un vibreur, une antenne Bluetooth, et un petit bouton d’activation. Sans oublier un petit haut-parleur chargé de répondre aux questions lorsqu’on approche le bijou de l’oreille. Mais les agents secrets britanniques n’étant pas légion, ce produit n’a pas été commercialisé en masse. Il est aujourd’hui difficile à dénicher.

  • 2018 : un four à l’écoute

L’AmazonBasics Microwave.

Chaque année, Amazon présente une avalanche de produits parmi lesquels se glissent quelques appareils à l’utilité mystérieuse. En 2018, nous avons relevé une horloge à aiguilles bizarrement connectée, et un four à micro-ondes pilotable à la voix. Ce four pourrait passer pour une bonne idée, car les fabricants de micro-ondes classiques sont d’une créativité infinie lorsqu’il s’agit d’imaginer des boutons qui ne se ressemblent jamais et qui manquent presque toujours d’ergonomie. Mais ce serait ignorer que la reconnaissance vocale est encore fort capricieuse. L’atout maître de ce four intelligent serait-il, comme Amazon l’indique sur la page du produit, de commander automatiquement des pop-corns quand il n’y en a plus ?

  • 2018 : une sonnette qui filme (et informe la police)

La Ring Doorbell 2.

Espionne elle aussi, cette sonnette n’est pas sortie de l’imagination des ingénieurs d’Amazon, mais a été créée par l’entreprise Ring, rachetée par Amazon en 2018. Sa caméra connectée permet de répondre aux livreurs depuis le travail, mais aussi de surveiller ses voisins discrètement dans la plus parfaite illégalité. Aux Etats-Unis, le logiciel de la Ring Doorbell est conçu pour pouvoir recevoir les alertes de la police, et pour permettre de lui envoyer facilement un extrait vidéo lorsqu’elle en fait la demande, pour élucider une histoire de vol, par exemple. L’utilisateur n’a qu’un bouton à presser.

Lire aussi Visiophones Ring d’Amazon : les partenariats avec la police américaine inquiètent
  • 2017 : le lecteur de codes-barres personnel

Le scanner Amazon Dash Wand.

Ouvrez votre frigo, scannez un produit : il apparaît directement sur votre smartphone, avec le bouton « acheter » du magasin en ligne d’Amazon à ses côtés, à condition qu’il soit disponible. Si l’on regarde ce produit avec les yeux d’Amazon, l’utilité paraît évidente : chiper quelques parts de marché aux marchands qui ont vendu ces produits-là – même s’il faut préciser que cet appareil ne fonctionne qu’à la maison, et qu’il est impossible de se promener dans des magasins pour scanner les étiquettes et comparer les prix en s’attirant les regards désapprobateurs des vendeurs. Pour le consommateur toutefois, l’utilité semble moins évidente que pour Amazon : ce produit a finalement été retiré de la vente.

  • 2015 : boutons d’achat

Les boutons Amazon Dash.

Obsédé par l’idée de raccourcir et simplifier l’acte d’achat, Amazon a imaginé ces petits boutons connectés qui permettent de commander d’un clic un sachet de bonbons lorsqu’on a terminé d’en dévorer un. Le succès n’a pas été au rendez-vous : ce produit a été arrêté en 2019.

  • 2014 : la première enceinte connectée

La première enceinte connectée Echo d’Amazon.

C’est la plus grande réussite d’Amazon parmi tous ces produits : son Echo, la première enceinte connectée capable de répondre à des questions. L’idée paraissait absurde à beaucoup d’observateurs en 2014, mais les enceintes Echo ont progressé, elles ont été rejointes par celles de Google, d’Apple, puis de bien d’autres fabricants, et ont trouvé des acquéreurs. Néanmoins, ces enceintes demeurent un peu dures d’oreille et somme toute frustrantes. Et leur aptitude à moissonner les données personnelles de leurs utilisateurs pour alimenter les bases de données d’Amazon ou Google inquiète toujours. D’autant qu’elles ont prouvé à plusieurs reprises qu’elles écoutaient parfois des conversations qu’elles n’auraient pas dû entendre, et que les enregistrements pouvaient être envoyés pour analyse à des employés de sous-traitants d’Amazon.

Lire aussi Avec des enceintes connectées, des conversations loin d’être privées


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page
Fermer