Economie

Montréal tente de sauver son centre-ville

Rue Sainte-Catherine, à Montréal, septembre 2020.

C’est d’un fataliste « Bienvenue dans la ville fantôme ! » que vous accueille la vendeuse de ce magasin de vêtements pour femmes d’une des nombreuses galeries commerciales du centre-ville de Montréal. A la mi-septembre, dans les boutiques de la rue Sainte-Catherine, la principale artère commerçante de la métropole québécoise, les vigiles n’ont guère de mal à faire respecter les jauges de dix ou trente personnes permises selon la superficie du magasin.

Les clients sont rares, seules quelques lycéennes créent un mini-embouteillage à l’entrée d’une enseigne à la mode. Les Montréalais ont déserté leur centre-ville pour se replier sur leurs quartiers, par ailleurs rendus plus agréables grâce à la piétonnisation d’un certain nombre de rues. Les commerçants finissent l’été avec un chiffre d’affaires qui a fondu de moitié.

Sur la devanture du restaurant l’Entrecôte Saint-Jean, une institution de la rue Peel, deux affichettes résument l’évolution de la situation ; la première, apposée en mars, avertit sa clientèle d’une fermeture provisoire de quinze jours. La seconde annonce la faillite de l’établissement.

« Revenez au bureau »

Dans le Montréal d’avant la pandémie, près de 600 000 personnes transitaient quotidiennement par le centre-ville, dont 350 000 travailleurs. Un afflux qui faisait vivre magasins, bars et restaurants. Aujourd’hui les consommateurs ont pris de nouvelles habitudes et magasinent (« font leurs courses » en québécois) en ligne, quand seulement 8 % des employés ont réintégré leurs bureaux dans les hautes tours de la ville. « Revenez au bureau ! », plaide désespérément la maire, Valérie Plante, en s’appuyant sur l’autorisation délivrée par le gouvernement du Québec de faire revenir jusqu’à un quart du personnel, mais nombreux sont les salariés réticents à abandonner le télétravail.

« Je suis retournée une fois au bureau début septembre, raconte une employée de Cogeco, un important groupe de télécommunications québécois installé en centre-ville, j’ai dû attendre une demi-heure avant de monter dans l’ascenseur pour le quatorzième étage, idem pour en redescendre en fin de journée, en me privant de déjeuner. Le calcul est vite fait. »

La plupart des grandes entreprises de service, telle la banque Desjardins, ont d’ailleurs annoncé que le télétravail resterait la norme au moins jusqu’en janvier prochain, et planchent déjà sur une rentrée « hybride » à terme : trois jours au bureau, deux à domicile. Ce qui pourrait diminuer de 30 % les besoins en bureaux dans un avenir proche.

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