Economie

L’insuffisant retour à la normale des embauches de plus d’un mois

« Ces chiffres ne reflètent qu’en partie la réalité du marché du travail. Ils n’incluent en effet ni les CDD de moins d’un mois, ni l’intérim, qui a particulièrement souffert de la crise. »

En ces temps économiques troublés, les bonnes nouvelles sont rares, d’autant que les rares chiffres encourageants sont souvent à relativiser. C’est le cas de ceux portant sur les déclarations d’embauche de plus d’un mois en août, publiés par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) mercredi 23 septembre.

Si l’Acoss indique que le nombre d’embauches de plus d’un mois en août 2020 (731 291) est supérieur de 2,2 % au chiffre d’août 2019 (715 303), l’Agence précise également que ce chiffre est à prendre avec des pincettes.

« Effet calendaire »

Car l’Acoss suggère que la progression des embauches de plus d’un mois en août est peut-être en partie due à un « effet calendaire, des entreprises ayant pu avancer au lundi 31 août des embauches habituellement opérées début septembre ».

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De plus, ces chiffres, bien que précieux, ne reflètent qu’en partie la réalité du marché du travail. Ils n’incluent en effet ni les CDD de moins d’un mois, ni l’intérim, qui a particulièrement souffert de la crise. Fin juillet, le nombre d’intérimaires était en effet toujours inférieur de 20 % à son niveau de juillet 2019. Un écart par rapport à la normale qu’il sera difficile de combler durant le seul mois d’août.

Or, le retour à la normale de l’emploi intérimaire est décisif car la chute de ce type de contrats est, à elle seule, responsable de 30 % des suppressions d’emplois enregistrées au 1er semestre.

Par ailleurs, le retour à la normale du nombre d’embauches, s’il est nécessaire, n’est pas suffisant pour permettre à l’économie française de reprendre définitivement des couleurs. Il faudra en effet que ce nombre d’embauches progresse encore plus fortement dans les mois à venir pour compenser les suppressions d’emplois qui s’annoncent ou ont déjà eu lieu.

Suppressions d’emplois au 2e semestre

Or un tel rattrapage n’est pas à l’ordre du jour. Loin de là. Selon une enquête du département de statistiques du ministère du travail, également publiée ce mercredi 23 septembre, parmi les salariés travaillant dans une entreprise ayant vu ses effectifs diminuer à cause de la crise, seuls 23 % travaillent dans une entreprise qui anticipe un retour à la normale de ses effectifs ; 43,5 % sont en revanche dans une société dont les effectifs ne retrouveront pas leur niveau d’avant-crise, soit parce qu’ils vont continuer à baisser (24,4 %), soit parce qu’ils vont se stabiliser à leur niveau actuel (19,1 %). Les autres salariés travaillent dans une entreprise dans laquelle aucune anticipation n’est faite en la matière.

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